ADULTÈRE : LE DRAME QUI TUE LES COUPLES

L’adultère est le fait que l’un des conjoints viole son serment de fidélité, en ayant des relations sexuelles avec une personne autre que son conjoint. Si pendant longtemps, les hommes ont été considérés comme les plus infidèles, on constate, de nos jours, que des femmes s’invitent dans la danse. Les raisons sont multiples.

La femme occupe une place importante dans la société et sa « dépravation » conduit au chaos et à la « désolation ». De plus en plus de femmes s’adonnent à l’adultère. Elles sillonnent les couloirs des hôtels, des bureaux, pour rencontrer leurs partenaires de sexe, leurs amants.

L’adultère a existé et existe dans toutes les sociétés humaines, qu’elles soient développées, religieuses ou pas. Cela, malgré l’existence de règles normatives qui montrent comment un homme ou une femme doit se comporter.

Ses attentes normatives sont bafouées entre autres par l’attachement au virtuel (les réseaux sociaux), l’éducation familiale ayant carrément laissé place à l’éducation virtuelle à travers ces réseaux. De ce fait, les normes cardinales ou cultuelles sont banalisées. On se demande finalement à quoi servent toutes ses règles sociétales établies ?

Selon l’analyse situationnelle du sociologue Aly Tounkara, le manque de référentiel est à la base de cette tendance qui chamboule tout. “Qu’un homme marié ou une femme mariée accomplissent des rapports sexuels avec autre que son conjoint hors cadre social ou religieux est devenu une sorte de mode. Car ce qui empêchait auparavant le sujet à ne pas commettre un tel acte hors mariage c’était des références religieuses ou culturelles. Malheureusement, ces qualités ne sont plus d’actualités”.

“Aujourd’hui, la culture et la religion ont peu d’emprise sur l’individu. Ce qui fait qu’il n’y a plus de contrainte susceptible d’empêcher l’homme ou la femme de s’adonner à l’adultère. C’est un recul de valeurs sociétales, une banalisation du rapport au corps, à l’absence du référentiel. Naturellement les sociétés modernes, notamment dans les centres urbains, l’attachement au référentiel s’est effrité. Donc au bout du tunnel on assiste à la banalisation de l’adultère sans aucune gêne car ils ne sont plus sous le dictat d’un quelconque référentiel”, explique le sociologue Aly Tounkara.

Pourtant toutes les lois condamnent l’adultère. Lors des mariages civils, dans la lecture du code de mariage, les maires le soulignent dans les textes. Maitre Cheick Oumar Konaré, avocat à la Cour, explique la loi prévue sur l’adultère. “L’adultère est un délit pénal. Celui qui commet l’adultère recevra une sanction pénale, c’est-à-dire une peine de prison au même titre que celui avec qui il ou elle a commis cet acte. Au-delà de la loi juridique, l’adultère est réprimé par nos valeurs sociétales”, précise l’expert.

xxxxx

CHRISTIANISME ET ADULTERE

“Votre corps est un temple“

L’adultère est considéré comme un acte ignoble, de ce fait chacune des religions le condamne de façon ferme, de telle sorte que personne ne s’y adonne. Dans le mariage on s’engage à être fidèle à son époux et l’adultère viole cet engagement, comme le précisent 27 versets de la Bible.

27 versets de la Bible traitent l’adultère. La Bible condamne clairement cet acte : “Tu ne commettras point d’adultère“. (Exode 20, 14). “Que le mariage soit honoré de tous, et le lit conjugal exempt de souillure, car Dieu jugera les impudiques et les adultères“. (Hébreux 13, 4) Il est écrit que Dieu a “fait toute chose bonne en son temps“ (Ecclésiaste 3, 11) et le temps qu’il a ordonné pour l’intimité sexuelle pour un homme et une femme a lieu dans la relation conjugale. Avoir cette relation avant le mariage (impudicité) ou avec une autre personne après le mariage (adultère) va directement à l’encontre de la volonté de Dieu. Même si le conjoint est consentant, cette relation adultère ne devient pas acceptable aux yeux de Dieu pour autant.

L’apôtre Saint Paul met clairement en garde contre ce genre de comportement : “Fuyez l’impudicité. Quelque autre péché qu’un homme commette, ce péché est hors du corps ; mais celui qui se livre à l’impudicité pèche contre son propre corps“. (1 Corinthiens 6, 18) Recevoir un corps de la part de Dieu est un grand privilège et nous pouvons utiliser ce corps pour l’honorer. “Ne savez-vous pas que votre corps est le temple du Saint Esprit qui est en vous, que vous avez reçu de Dieu, et que vous ne vous appartenez point à vous-mêmes ? Car vous avez été rachetés à un grand prix. Glorifiez donc Dieu dans votre corps et dans votre esprit, qui appartiennent à Dieu“. (1 Corinthiens 6, 19-20).

L’ADULTERE EN ISLAM

Sévère punition

La peine légale requise pour la fornication, est la lapidation de l’homme et de la femme en cause, dès lors que la preuve est faite par quatre témoins. S’il n’y a que trois témoins, les coupables reçoivent la peine légale de fausse accusation à la fornication.

Il doit nécessairement avoir quatre témoins avoir vu « le bâton à collyre dans la boîte à collyre ». Le témoignage ne pourra être accepté d’eux que s’ils sont quatre et qu’ils ont vu avec certitude.

“Pourquoi n’ont-ils pas produit (à l’appui de leurs accusations) quatre témoins ? S’ils ne produisent pas de témoins, alors ce sont eux, auprès d’Allah, les menteurs“. (La lumière : 13)

Le “muhsane“ désigne la personne ayant contracté un mariage avec une femme de manière légale puis ayant eu des rapports sexuels avec cette épouse. Si c’est un esclave ou une esclave, et qu’il s’est déjà une fois marié légalement, leur peine légale équivaut à la moitié de la peine de celui qui est libre, c’est le fouet (cinquante coups de fouet). Compte tenu du fait que la lapidation ne peut être subdivisée en deux et que la peine légale de celui qui est libre (lorsqu’il n’est pas muhsane) – homme ou femme- est (la suivante) :

“La fornicatrice et le fornicateur, fouettez-les chacun de cent coups de fouet. Et ne soyez point pris de pitié pour eux dans l’exécution de la loi d’Allah -si vous croyez en Allah et au Jour dernier.” (La lumière : 2).

La peine légale de l’esclave est donc la moitié de la peine corporelle de l’homme libre : cinquante coups de fouet, on ne lapide pas l’esclave. Même s’il se marie légalement, avec un mariage correctement célébré, il ne mérite que la moitié de la peine de l’homme libre : 50 coups de fouet. Explication du traité de la Sunnah p128-129 Ayat 2.

ADULTERE

Vice, contrainte ?

L’adultère est dû à de nombreux facteurs : matérialisme, frivolité, m’as-tu vu… Les hommes y ont une grande responsabilité.

Avant, l’adultère était le défaut attribué aux hommes. Aujourd’hui, des femmes sont entrées dans la danse. Qu’est-ce qui poussent ces femmes à l’infidélité ? Biens matériels, plaisir charnel, abandon par le conjoint, … ?

Les raisons les plus avancées sont la recherche de biens matériels par des femmes, l’infidélité des époux, le refus de certains conjoints à subvenir aux besoins de leurs épouses, le manque de communication, la frustration …

“La plupart des femmes sont matérialistes de nos jours. Elles veulent ressembler à l’autre qui a plus de moyens et dont les maris gagnent bien sa vie. Certains encouragent en quelques sortes leurs épouses à être infidèles, quand ton homme court derrière tout ce qui bouge, c’est frustrant sur tous les plans. Le manque d’affection, c’est-à-dire que le mari est tout le temps dehors, pas assez de communication. La frustration sexuelle est le plus dur à supporter dans un foyer, surtout quand monsieur fait ses besoins avant de rentrer ou une fois satisfait ne demande pas si leurs femmes le sont également. Elles ont aussi des besoins naturels, si elles ne peuvent pas assouvir ceux-ci avec leurs époux elles iront chercher ailleurs. Tout le monde aimerait se sentir aimé. Pour que certains hommes remplissent leur devoir conjugal, leurs épouses les violent ou les gavent d’excitants parfois, c’est une fois hors contrôle qu’ils songent à revenir vers madame”, détaille Safiatou Sylla, ménagère.

Pour Abdoulaye Fofana, enseignant, “certaines femmes sont de nature frivole et cela depuis l’adolescence quand elles sont au stade de copain ou petit ami. Elles jouent à un double jeu qui consiste à sortir avec plusieurs hommes à la fois celui qu’elles aiment et celui qui fait les dépenses. Pourtant, elles couchent avec tous ces hommes. Une fois mariée, ce n’est pas du jour au lendemain que la frivolité disparait, surtout quand elles y prennent plaisir. Même étant dans les liens sacrés du mariage, elles restent le jouet sexuel de leur copain avec qui elles n’ont pas pu se marier. A cela s’ajoute l’impuissance de certains hommes qui, au lieu de trouver une solution à leur maladie, mentent ou inventent des prétextes à n’en plus finir”.

TEMOIGNAGE

Son adultère la conduit au divorce

M.G, la vingtaine, a divorcé quelques mois après son mariage à cause de son infidélité.

M.G., élève dans une école de formation professionnelle, fait partie des filles qui aiment collectionner les amants. Ce qui le conduira à sa perte. Un peu ronde, dotée d’un corps qui fait rêver avec une peau d’ébène, ne laisse aucun homme indiffèrent.

Avant son mariage, elle entretenait une relation amoureuse avec un jeune homme très convoité du quartier. Elle ne ratait aucune occasion pour se crêper les chignons pour ses beaux yeux.

Pendant un bon moment, elle sortait avec le jeune homme jusqu’au jour où la nouvelle de son mariage fit le tour du quartier. Mais qui est l’heureux gagnant de la belle M. G ? Surprise : l’élu de son cœur est finalement un porteur d’uniforme qui n’a pas su résister à sa beauté et son charme.

Le mariage fut célébré, quelques mois plus tard, M.G. a regagné le domicile paternel. Elle essayait de cacher les vraies raisons de son retour avec des prétextes à n’en plus finir. C’est ainsi que fut découvert le pot-aux-roses : ayant renoué avec son ex et ayant été confondue par son époux, celui-ci, preuves à l’appui, a décidé de la libérer.

MIRCO TROTTOIR

La fidélité est aujourd’hui devenue un luxe pour les couples. Des bamakois donnent leurs avis sur les raisons de cette dépravation.

Mariam Diallo (entrepreneure) :

“Certains justifient l’adultère par les tendances vicieuses du mari ou par l’insatisfaction dans les rapports intimes. Ce qu’ils oublient en fait c’est l’affection très importante dans un couple ; l’homme et la femme ont tous deux besoins d’affection “.

Chacka Diarra (enseignant) :

“Nous vivons dans un monde où les inégalités sociales sont énormes et injustes alors le matériel a plus de place dans nos vies que notre propre dignité. C’est l’unique raison que je peux donner. Pour les hommes, c’est compréhensible nous avons toujours été insatisfaits, mais pour les femmes c’est désolant aujourd’hui.

Elles sont capables de tout pour de l’argent. C’est ce qui arrive quand on ne peut pas se contenter du peu que nous avons car nous voulons mener une vie de riche alors qu’on a du mal à manger à sa faim”.

Oumou Traoré (ménagère) :

“C’est la faute aux deux conjoints. La femme au début est coquette, se plie aux moindres désirs de son époux. Après une ou deux maternités, elles mettent l’hygiène de la maison et la propreté corporelle aux oubliettes.

Le problème des hommes c’est qu’une fois qu’ils t’épousent, tu n’as plus droit aux sorties et aux promenades. Tu es déjà acquise. Ils n’accordent plus d’affection à ces femmes et peuvent dépenser des millions pour les minettes qu’ils fréquentent et incapables de subvenir aux dépenses de leurs familles. La femme ne pouvant pas continuer sur cette lancée se dirigera vers le chemin le plus facile pour gagner de l’argent. C’est de coucher avec d’autres hommes”.

Amadou Fomba (étudiant) :

“Pour moi, ce que le couple ne ressent plus rien l’un pour l’autre. Quand on aime peu importe les péripéties de la vie, on ne songe pas à rompre sa promesse de fidélité à plus forte raison passer à l’acte d’adultère.

Nous avons tous l’habitude d’entendre qu’un homme adultère est concevable, mais une femme qui s’adonne à la frivolité ne mérite pas certains privilèges”.

Dossier réalisé par

Oumou Fofana

Source: Mali Tribune

Laisser un commentaire