Attaque meurtrière du village de Bounty : Le M5-RFP s’étonne du silence du Gouvernement

Dans un communiqué rendu public, le 05 janvier 2021, le Mouvement du 5 Juin-Rassemblement des Forces Patriotiques (M5-RFP) a dénoncé les « arrestations extrajudiciaires et le silence du Gouvernement sur la récente attaque aérienne du village de Bounty, ayant causé des pertes en vies humaines, dans le cercle de Douentza au centre du Mali». Concernant le cas de l’attaque meurtrière de Bounty, le M5-RFP s’étonne du « silence du Gouvernement alors que des versions contradictoires circulent sur cet événement ». Le M5-RFP rappelle au Gouvernement son impérieux devoir de fournir aux Maliens toutes les informations nécessaires et crédibles sur la situation nationale, mais aussi d’assurer la protection des populations sur toute l’étendue du territoire.

Le Mouvement du 5 Juin-Rassemblement des Forces Patriotiques (M5-RFP), sous la plume de Dr. Choguel K. Maïga, indique qu’il suit avec gravité l’évolution de la situation nationale caractérisée par des arrestations extrajudiciaires et le silence du Gouvernement sur la récente attaque aérienne du village de Bounty, ayant causé des pertes en vies humaines, dans le cercle de Douentza au centre du Mali. A l’issue de sa réunion du 5 janvier 2021, le M5-RFP a fait le constat de multiples « arrestations extrajudiciaires auxquelles procèdent de plus en plus fréquemment les autorités de la Transition à travers différents services parmi lesquels la Direction Générale de la Sécurité d’Etat (DGSE) dont l’accès n’est autorisé ni aux avocats, ni aux défenseurs des droits humains ni même aux magistrats avant le bon vouloir des responsables dudit service ». Selon le M5-RFP, la présentation ultérieure des personnes arrêtées ou détenues en dehors de toute procédure et délais légaux ne saurait, en aucun cas, ni justifier les méthodes employées, ni couvrir les graves violations de la loi et encore moins préserver les libertés et droits fondamentaux du citoyen énoncés dans la Constitution de la République du Mali et dans les Conventions internationales dûment ratifiées. Le M5-RFP a condamné ces « pratiques d’une autre époque qui tendent à se généraliser et à se banaliser ». Le M5-RFP s’engage à procéder à une vaste concertation avec toutes les organisations intéressées par le respect des droits humains pour envisager ensemble les voies et moyens de mettre un terme définitif aux pratiques liberticides récurrentes. « Concernant le cas de l’attaque meurtrière de Bounty, le M5-RFP s’étonne du silence du Gouvernement alors que des versions contradictoires circulent sur cet événement. Le M5-RFP rappelle au Gouvernement son impérieux devoir de fournir aux Maliens toutes les informations nécessaires et crédibles sur la situation nationale, mais aussi d’assurer la protection des populations sur toute l’étendue du territoire. C’est le lieu de rappeler les cas similaires survenus ces dernières semaines à travers le pays et à l’occasion desquels les populations laissées très souvent sans information ni assistance adéquate, n’ont eu d’autres alternatives que d’exprimer leur désarroi à travers des manifestations publiques à Farabougou, Tombouctou, Sofara, Kayes, Gao, Koulikoro, Bandiagara, Koro, Ansongo Bamako, etc », précise le M5-RFP dans son communiqué. Le M5-RFP dit qu’il reste mobilisé et attentif sur l’évolution de la situation nationale, et interpelle les autorités de la Transition à opérer un véritable changement de système de gouvernance tant attendu par le Peuple malien.

Il faut rappeler qu’une frappe aérienne a causé la mort de plusieurs personnes, le dimanche 3 janvier dernier, dans le village de Bounty, cercle de Douentza. Selon l’Association peule Tabital Pulaku, il y a eu au moins 20 morts, 3 blessés graves évacués à Douentza et 7 personnes portées disparues. Tabital Pulaku indique que la frappe aérienne a visé des civils qui célébraient un mariage. L’armée française a une autre version des faits. «Une patrouille d’avions de chasse a «neutralisé» des dizaines de djihadistes préalablement repérés après une opération de renseignement de plusieurs jours. Les informations relatives à un mariage ne correspondent pas aux observations effectuées», a indiqué l’état-major français à l’AFP.  Et  sur les réseaux sociaux, beaucoup s’interrogent sur le silence des autorités maliennes sur cette affaire.

Aguibou Sogodogo

Source: Le Républicain

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *