AVIS IMPORTANT

  1. Introduction

Le gouvernement du Mali prépare, avec l’appui de la Banque mondiale, le Projet de résilience urbaine de Bamako (PRUBA).Cette préparation intervient dans le cadre de l’amélioration de l’offre de services urbains et l’approfondissement continu de la décentralisation avec des collectivités territoriales aux compétences accrues mais aux capacités administratives, techniques et financières relativement faibles.

  1. Objectif de développement

L’objectif de développement du PRUBA est d’améliorer l’accès aux services des déchets urbains, d’assainissement et d’eau potable, accroître la résilience aux inondations dans certaines zones vulnérables du district de Bamako et des communes voisines ciblées, et renforcer la capacité de gestion urbaine.

  1. Composantes du projet

Le Projet est structuré autour de six grandes composantes :

  • Composante 1 : Améliorations de la gestion de déchets solides ;
  • Composante 2 : Amélioration de l’accès à l’eau, l’assainissement et l’hygiène ;
  • Composante 3 : Investissements dans les infrastructures résilientes ;
  • Composante 4 : Renforcement des capacités institutionnelles et technologies numériques ;
  • Composante 5 : Gestion du projet ;
  • Composante 6 : Intervention d’urgence.
  • Objectifs de l’audit

L’objectif global de l’audit environnemental et social de la décharge finale de déchets solides de Noumoubougouest d’apprécier l’impact direct ou indirect que tout ou partie des activités entreprises et des modes opératoires ont généré sur l’environnement et les populations riveraines.

  • Constats d’audit

Revue des documents de sauvegarde environnementale et sociale

Les constats d’audit révèlent l’effectivité de l’élaboration d’une étude d’impact environnemental et social (EIES) avant la construction de la décharge. Cette situation est un point fort. Par contre, la mise en œuvre des mesures du Plan de gestion environnementale et sociale (PGES) de cette étude, surtout en phase d’exploitation par les structures en charge de l’opérationnalisation de la décharge fait défaut. Ce point constitue une non-conformité majeure à corriger par le projet.

Constats d’audit environnemental

Sur les seize (16) éléments audités en février-mars 2021 abordant les thématiques environnementales (déchets solides, air, eaux, bruit et vibration, changement climatique), Treize (13) non-conformités dont neuf (09) majeures et trois (03) mineures ont été relevées. Au regard de ces non-conformités enregistrées, il faudra que le PRUBA et les différents acteurs impliqués dans la gestion de la décharge finale redoublent d’efforts sur le suivi environnemental et social afin de corriger ces non-conformités.

Les analyses physico-chimiques, bactériologique et de pollution révèle une pollution évidente du site et de ses environs immédiats, mais de façon différentiée en fonction des éléments analysés.

Sur les déchets du site

Le niveau de pollution élevé des déchets sur la décharge est normal et révèle la maitrise de la pollution de ces déchets sur un seul site qu’est la décharge. Si tous ces déchets n’étaient collectés et déposés à la décharge, toute cette pollution serait dans la ville de Bamako avec ses corollaires sur l’environnement et santé des populations. Mais, ces déchets arrivés à la décharge devraient faire objet d’un traitement afin de contenir leur degré de pollution et de nuisance. La meilleure technique de traitement connu et accessible à un pays comme le Mali est l’enfouissement des déchets, une fois à la décharge. Les investigations sur le terrain ont montré que les déchets sont déposés pêle-mêle sur le site même hors de la cellule depuis l’entrée principale et ne sont pas systématiquement enfouis.

Sur les sols prélevés à l’intérieur du site

Les sols prélevés à l’intérieur du site sont riches en oxyde de fer. L’échantillon S4 se démarque des autres par sa teneur en zinc (30 %), en plomb et sa teneur en or (42 ppm). Ces teneurs anormales proviennent des déchets de laboratoire d’analyse des roches de minerais d’or par fusion plombeuse. Les échantillons des sols du site qui sont assimilables à des déchets sont la plupart acides mais pourvus de matière organique. Les zones de nos prélèvements de sols à l’intérieur du site doivent être nettoyées et dépolluées.

Les déchets de laboratoire sont des déchets spécifiques constitués notamment des creusets déposés sur le site, ils doivent être enfouis dans des fosses à béton armé et dépollués par des filtres plantés comme le Calotopisprocera.

Il a été constaté lors de la campagne d’échantillonnage sur le site de nombreux animaux surtout les chèvres et de chiens vivent sur le site l’entrée n’étant plus sécurisé. Avec la situation actuelle, les animaux broutant les herbes du site peuvent contaminées la chaine alimentaire après abatage.

Pendant l’hivernage, les lixiviats des déchets du laboratoire (creuset), situé légèrement en hauteur par rapport au bassin de décantation de la décharge, draine vers le côté ouest (zone de la rigole et de la rizière) en plus du drainage du lixiviat du bassin lui-même. Cette situation explique une charge plus élevée de pollution au niveau du sol S4 (conductivité très élevée (110 ms/cm) et très riche en chlorures (46 000 mg/L), taux de zinc dépassant la norme) qu’au niveau du lixiviat.

Sur les sols ayant reçus le déversement du lixiviat en période hivernale

Les traces blanchâtres de contamination du sol par le lixiviat sont visibles sur les sols prélevés ayant été traversés par le lixiviat du bassin de rétention pendant l’hivernage. Avec les essais de pompage, le lixiviat aurait entrainé les contaminants des déchets dispersés sur le site dont ceux d’un laboratoire de la place en charge du traitement des minéraux en vue de sortir le taux du minéral de valeur.

Le traitement du lixiviat avant rejet ou son utilisation pour l’arrosage des déchets enfouis dans la cellule doivent être un impératif pour le projet.   

Sur la qualité des sols et sédiments hors du site du projet

Avec le résultat affiché par les tableaux en annexe, il est difficile d’affirmer que la présence du taux élevé de plomb au niveau du point S9 serait due à la décharge finale. En effet, aucun signe de contact entre ce sol et le lixiviat de la décharge n’a été constaté sur le terrain.

La mauvaise gestion du lixiviat au niveau de la décharge de Noumoubougou constitue un facteur de pollution de la rigole, du champ de riz.

Le faible rendement des cultures (mais, riz, haricot, arachide) s’explique par la présence de déversements du lixiviat riche en chlorure enrichi avec les taux de zinc, chrome, cuivre, plomb, mercure venant du déchet du Laboratoire. Le lixiviat de conductivité 110 000 µs/cm s/cm, selon la législation malienne (valeur guide de rejet 2500 µs/cm), ne doit en aucun être déversé dans la nature.

Le projet doit donc prendre des mesures urgentes pour mettre fin à cette pollution par le redimensionnement du dispositif de gestion du lixiviat et la révision du traitement des déchets de laboratoire qui ne devraient être déposés sur le site. Le redimensionnement peut se faire par la construction d’un nouveau bassin en rapport avec la quantité de lixiviat produite et les eaux de pluie qui provoquent le débordement de ce lixiviat dans l’environnement et dans le fleuve Niger. Tout aménagement ou réhabilitation de la décharge de Noumoubougou doit se focaliser sur le système de gestion des eaux de pluie, des eaux grises et du lixiviat afin de mettre fin à la pollution environnementale actuellement en cours dans l’environnement immédiat de la décharge.

Sur les eaux de forage destinées à la consommation

Toutes les eaux de consommation excepté celles des eaux du forage de la mairie, des forages F7, F8 et de Fougadougou contiennent seulement des traces de coliformes totaux et fécaux et E. coli. Cet état de fait serait lié à la surcharge des prises d’eau et à l’absence du respect d’hygiène autour de ces forages.

L’eau du forage du marché F5 doit porter une attention particulière pour sa charge bactérienne excessive qui serait due à une éventuelle infiltration des eaux des latrines proches dans ce forage.

Toutes les eaux de puits conviennent à l’irrigation, à l’abreuvage et au milieu aquatique.

Sur les eaux des puits traditionnels

Aucun indice de présence du lixiviat par la présence des métaux lourds n’a été identifié dans les eaux des puits traditionnels environnant la décharge. Ainsi, le lixiviat se retrouve dans les sols, mais pas pour l’instant dans les eaux des puits traditionnels des populations riveraines de la décharge. Mais, le risque existe lorsque ce lixiviat va s’accumuler avec le temps dans les sols, il peut facilement migrer vers la nappe phréatique.

Toutes les eaux de puits conviennent à l’irrigation, à l’abreuvage et au milieu aquatique.

Sur les eaux de surface

Aucun indice de présence du lixiviat par la présence des métaux lourds n’a été identifié au terme des analyses. Ainsi, le lixiviat se retrouve en dépôt dans les sols, mais pas dans les eaux de surface riveraines de la décharge ainsi que dans les eaux du fleuve Niger.

Sur les eaux du Lixiviat

Les eaux du lixiviat sont très turbides (> 1000 NTU), très noires et de très fortes conductivités atteignant 115 ms/cm). Malgré le très faible taux d’oxygène dissous dans ces eaux ne dépassant guère 0,1 mg/L y vivent quelques grenouilles. L’eau du lixiviat du bassin de rétention ayant une conductivité 45 fois supérieures à celle des normes maliennes de rejet ne peut être rejetée dans l’environnement sans subir de traitement.

La présence et la multiplication de la vermine à savoir Sarcophagacarnaria, Luciliasericata, Fanniacanicularis, etc. ainsi que la perception des odeurs constitue des impacts négatifs de la décharge et évoquées par les populations riveraines lors des consultations publiques. Il faudra alors procéder ou renforcer la fréquence de la désinfection générale de la décharge pour réduire cet impact.

Constats d’audit Social

Sur les 21 éléments d’audit abordant les thématiques telles que : l’hygiène et la santé des travailleurs et des populations, le plan d’urgence / sécurité au travail et la gestion des plaintes et litiges, treize (13) non-conformités dont sept (07) majeures et six (06) mineures ont été relevées par les constats d’audit de février-mars 2021. Au regard des non-conformités enregistrées, il faudra appuyer le PRUBA et les différents acteurs impliqués dans la gestion de la décharge finale à consentir plus d’effort sur la mise en œuvre des nouvelles recommandations du présent audit. Il faudra également mettre l’accent sur le suivi environnemental et social afin de corriger ces non-conformités.

  • Recommandations de l’audit

Pour corriger les non-conformités enregistrées, il faudra à :

Phase d’aménagement et de construction

  • Poursuivre la mise en œuvre des recommandations des missions de suivi de la DNACPN ;
  • Recruter un Spécialiste Hygiène, Santé et Sécurité (HSS) certifié en ISO 45001 ; 2018 ;
  • Recruter un Spécialiste Genre ;
  • Préparer exécuter d’un Plan HSS en conformité avec ISO 45001 : 2018 pour la construction et l’opération ;
  • Organiser une session de renforcement de capacités à l’endroit des deux spécialistes de sauvegardes environnementales et sociales du PRUBA ;
  • installer des géo membranes de qualité dans les cellules d’enfouissement des déchets ;
  • mettre en place un plan interne de gestion des déchets en impliquant les sociétés de recyclage ;
  • Réaliser l’EIES du Projet d’aménagement et de construction des 2 cellules restantes ;
  • Aménager l’actuelle cellule et réaliser les deux cellules restantes avec des stations d’épuration en tenant compte du sens d’écoulement des eaux pour une bonne gestion des eaux pluviales ;
  • Préparer et exécuter un PGES Chantier et un HSS Chantier (à la charge de l’entreprise).
  • mettre en terre et entretenir les plants (sous forme de haie) ;
  • sécuriser les cellules ;
  • renouveler les contrats avec les différentes autorités et la mairie de Tienfala ;
  • s’assurer de la mise en œuvre du PAO du présent audit ;
  • élaborer un PAR entier avant l’aménagement de la décharge finale ;
  • réinstaller les personnes dont les terres étaient spoliées lors de la 1ère construction de la décharge finale ;
  • développer un programme d’engagement citoyen sur le projet ;
  • améliorer la gestion de la décharge de Noumoubougou grâce au retour d’expériences.

Phase d’exploitation de la décharge finale

  • enfouir les déchets spécifiques comme ceux venant du laboratoire d’analyse dans des fosses bétonnées tout en plantant des arbres à pouvoir épuratoire comme le Calotropisprocera étudier les possibilités de valorisation du lixiviat dans l’agriculture ;
  • installer des puits piézométriques au moins 5 pour le suivi régulier de la qualité des eaux de la nappe phréatique ;
  • élaborer un Plan d’Opération Interne (POI) avec un dispositif anti-incendie fonctionnel (extincteurs, dispositif de sauvetage rapide, etc.) ;
  • obliger les différentes entreprises qui exploitent la décharge finale  à recruter un environnementaliste pour la mise en œuvre et le suivi des présentes recommandations;
  • développer une stratégie spécifique de communication, notamment de proximité qui implique les associations de développement de Tienfala ;
  • s’assurer de la mise en œuvre du PAO du présent audit ;
  • recommander à l’entreprise en charge de l’aménagement et la construction des 2 cellules restantes de la décharge finale  de recruter un ingénieur conseil ayant une maitrise parfaite des recommandations de l’audit et des présents PAO.

Plan d’actions opérationnel (PAO) pour mise en œuvre des recommandations

Au regard des constats d’audits et des non-conformités, Deux plans d’actions opérationnels (PAO) ont été élaborés conformément aux recommandations. Ils précisent le cadre règlementaire dans lequel doit s’inscrire la mise en œuvre des recommandations de l’audit environnemental et social de la décharge finale.

  • Consultation publique

Des consultations ont été réalisées avec les parties prenantes notamment : o) les riverains du projet ; i) les autorités coutumières du hameau de Noumoubougou, des villages de Tienfala et Fougadougou, ii) les autorités communales de Tienfala ainsi que la sous-préfecture, iii) la mairie du District de Bamako, iv) les associations des femmes du hameau et des deux villages ; v)de la jeunesse ; vi) et les services techniques en lien avec la gestion de la décharge.

Résultats des discussions de groupe

L’objectif de cette partie est de présenter l’ensemble des préoccupations et doléances des participant(e)s ainsi que les mesures proposées par les populations pour atténuer les impacts issus du fonctionnement de la décharge de Noumoubougou (voir tableau en annexe).

D’une manière générale les populations consultées notamment les autorités communales, communautaires, les femmes et les hommes (Adultes et jeunes) n’étaient pas du tout favorables à des échanges sur la décharge de Noumoubougou à cause de la déception occasionnée par le non-respect des engagements pris par l’Etat avant les travaux de construction.

Des explications données par les consultants relatives au sens de cet audit et à tout réaménagement si le financement est accordé par la Banque mondiale ont été acceptées par les personnes opposées ou favorables au réaménagement de la décharge.

Des propositions ont été faites par la population avec des conditionnalités.  Il y a une méfiance des populations locales qui se sont senties trahies et délaissées par les autorités. Certains hommes ont évoqué un problème de mauvaise gouvernance et aussi de manque de clairvoyance quant à la gestion des déchets produits par Bamako.

Les hommes et les femmes ont exprimé leurs préoccupations et fait des propositions.

Les populations locales et les autorités communales et communautaires ont souhaité être :

  • Impliqués dans toutes les étapes du processus de réaménagement,
  • la compensation des paysans spoliés ;
  • le recrutement de la main d’œuvre locale pour plus d’opportunités économiques pour les jeunes ;
  • l’appui au développement communautaire (Électrification, production de compost, AGR pour les femmes, etc.) ;
  • la mise en place d’un comité de suivi du réaménagement et aussi de gestion de la décharge ;
  • la protection de la population contre la pollution de l’environnement ;
  • des concertations publiques à chaque étape du réaménagement et la prise en compte par l’État des préoccupations et doléances des villages.

Au regard de ces préoccupations et en vue d’une mise en œuvre réussie de ce projet de réaménagement il faut encore ;

  • tenir des rencontres communautaires pour prioriser les besoins et analysé leur faisabilité,
  • consulter les populations riveraines de Tienfala, Noumoubougou et Fougadougou avant chaque phase du projet,
  • identifier des partenaires qui pourront prendre en compte des préoccupations des populations en termes de développement socioéconomique de la communauté,
  • travailler sur la question des VBG avec des partenaires opérant dans ce domaine dans la région de Koulikoro.

Les personnes intéressées ou les populations concernées peuvent consulter le rapport et adresser leurs observations écrites par courrier à l’adresse email suivante : babadiankaba@yahoo.frou à Monsieur le Coordinateur de la Cellule de Coordination pour la préparation du PRUBA : Dar Salam Rue 565,  Immeuble Direction Nationale de l’Urbanisme et de l’Habitat 2ème Etage Aile Est , Bamako Mali Tel : (00223) 20 23 66 23, Fax : 20 23 68 15, République du Mali.

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