En visite au pas de charge dans quatre pays de l’ex G5 Sahel, le ministre mauritanien de la Défense, le général Hanana Ould Sidi, a été reçu, le 15 juin, à Koulouba par le président de la Transition malienne, le Gal d’Armée Assimi Goïta. Venu pour redynamiser la coopération sous-régionale en matière de sécurité, à défaut d’un retour au G5 Sahel, l’émissaire était également porteur, selon certaines sources, d’une lettre sollicitant le soutien du Mali à la candidature de la Mauritanie au poste de secrétaire général de l’organisation de la coopération islamique.
Si rien n’a filtré de son entretien avec le Gal d’Armée Goita, à sa sortie d’audience, le Gal Hanana Ould Sidi a mis en avant la profondeur des liens d’amitié et de solidarité unissant les deux peuples. Quant au chef de l’État malien, il a réaffirmé l’engagement commun à approfondir la coopération bilatérale au service de la paix, de la sécurité et du développement régional.
Ces formules convenues témoignent néanmoins de la volonté des deux parties d’aller vers une décrispation de leurs relations, affectées depuis des années par des incidents frontaliers récurrents. Accusée par certains soutiens aux autorités de la Transition d’être une base arrière pour les groupes terroristes opérant dans notre pays, la Mauritanie, selon des sources sécuritaires, aurait donné un ultimatum de 72 heures aux djihadistes pour quitter son territoire à la suite du passage de son ministre à Bamako. Une information à prendre avec des pincettes, d’autant que la posture de Nouakchott reste inconnue en cas de refus des insurgés de se plier à son ultimatum. Vraie ou fausse, une telle injonction romprait également avec la stratégie mauritanienne de lutte contre le terrorisme appliquée jusqu’ici. C’est d’ailleurs à cette approche singulière que le pays doit sa stabilité dans cette guerre hybride qui embrase le Sahel. Toutefois, si cette rumeur venait à se confirmer, elle acterait un durcissement inédit de Nouakchott, bien qu’un renouveau de l’alliance du G5 Sahel sous sa forme d’origine reste hautement improbable, notamment à cause des obstacles ayant eu raison de son existence passée : le manque de financement, la forte dépendance extérieure ainsi les capacités limitées de l’alliance en renseignement et en moyens aériens.
Amidou Keita
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