Cercle de Niono : Les paysans face aux pressions des djihadistes et à la mauvaise campagne agricole

Le cercle de Niono, en 4ème région administrative du Mali, est confronté depuis un certain moment à la présence des groupes armés avec ses corollaires de multiplies attaques occasionnant la mort de plusieurs braves paysans notamment, femmes, jeunes et enfants. Plusieurs tentatives de trouver de solution idoine, afin de mettre fin à ces attaques par les autorités militaires du pays sans succès sont restées vaines et la situation continue de se dégrader davantage du jour en jour. En effet malgré la présence des détachements des Forces armées maliennes (FAMa), la situation sécuritaire reste toujours tendue dans le cercle et s’étend à plusieurs localités après Farabougou, notamment la zone de Molodo où durant la dernière semaine du mois de décembre 2020, plusieurs personnes ont été tuées au village de Siby, à Touba.

Aujourd’hui, dans le cercle de Niono, les paysans font face aux pressions des djihadistes et la mauvaise campagne agricole.

Tout a commencé à Farabougou, assiégé pendant plusieurs semaines par des hommes armés. Le village de Farabougou avait été libéré le 15 octobre dernier par l’Armée dans le cadre d’une opération dénommée «Farabougoukalafia». Mais, hélas, ces hommes armés ne sont pas allés loin. Selon les témoignages des habitants la plupart de ces hommes armés se sont repliés sur l’axe Dogofry-Farabougou et d’autres communes pour continuer à harceler les villageois. Ils les empêchent de se déplacer à l’extérieur du village ou même de mener leurs activités agricoles, précisent-t-ils. Selon eux, “malgré la présence de l’Armée, les hommes armés sont toujours là. Ils nous empêchent de sortir du village ou de faire quoi que ce soit. Ils tentent de nous faire plier à leurs exigences”. Toujours pas de solution de la part des autorités de la transition.

A cela, s’ajoute le problème de la mauvaise campagne agricole 2020-2021. Il faut rappeler que les zones de production de l’Office du Niger constituent le pilier du pays en matière l’autosuffisance alimentaire, voire même le grenier de l’Afrique l’ouest par ses capacités de productions de riz. Mais, pour cette campagne agricole écoulée, les zones rizicoles de l’Office du Niger dans le cercle de Niono ont été confrontées à des difficultés liées à l’inondation, de l’insuffisance de subventions en intrants, entre autres.

Selon un habitat de Dogofry, joint par téléphone par nos soins, la présente campagne agricole 2020-2021 a été la plus mauvaise campagne dans les zones Office du Niger précisément dans le cercle de Niono. Selon lui, 70% des champs ont été inondés à cause de la forte pluie. Le reste des 30% n’ont pas fait des rendements à hauteur de souhait. « Pour cette campagne agricole, il y a des hectares qui n’ont pas dépassé 6 à 12 sacs du riz pady. Il y a des hectares dont les propriétaires n’ont même pas  fait des récoltes. Pis, le 6 janvier 2021, des hommes armés ont nuitamment mis le feu à plusieurs champs dans la Commune de Dogofry, dont la scène filmée par des habitants  a fait le tour des réseaux sociaux », a-t-il regretté. Et en zone de Kroumary plus de 3000 hectares ont été inondés, a-t-il ajouté. « Malgré, tous ces phénomènes, le syndicat des producteurs est venu nous voir pour nous demander de payer la redevance eau. Mais, cette demande sera difficile à exécuter. Toutefois, nous demandons aux autorités du pays de nous faire des faveurs pour le paiement de la redevance eau de cette année tout en compensant cette redevance au montant restant de la subvention d’engrais de la campagne agricole écoulée”, a-t-il demandé. “Car, au lieu des 6 sacs subventionnés à l’hectare que nous devrions avoir, nous n’avons reçu que 2 sacs à l’hectare, a-t-il rappelé.

La situation sécuritaire du pays en général et celui du cercle de Niono en particulier est plus que préoccupante, car, elle interpelle les autorités de la transition à plus d’engagement et d’anticipation tout en renforçant davantage la sécurité de l’ensemble des zones de production de l’Office du Niger pour éviter le chaos dans la localité. Le PDG de l’Office du Niger, Abdoul Karim Konaté l’a réclamé lors du forum intercommunautaire tenu à Niono. Lors de ce forum, il a lancé un cri de cœur pour la sécurisation de ces zones de productions pour l’atteinte des objectifs fixés par la direction de son service.

AMTouré

22 septembre

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