Les partisans du pouvoir ont mordicus défendu la décision alors que les acteurs politiques la considéraient comme anticonstitutionnelle. Les débats ont été très houleux entre les uns et les autres.
Certains détracteurs avaient déjà qualifié, à tort ou à raison, les partis politiques comme responsables de tous les maux que connaît le Mali. Il n’était plus rare d’entendre partout que les démocrates seraient ceux qui ont vendu le Mali aux occidentaux. Même la révolution de mars 1991 a été qualifiée de frein au développement du Mali. Pourtant les principaux animateurs de la vie politique du Mali ont décidé de garder la tête froide, pour mener le combat de l’annulation du décret portant dissolution de leurs formations politiques. Depuis, les tribunaux de Grande Instance de Bamako ont été saisis de l’affaire de dissolution des partis et associations à caractère politique. Mais des mois ont passé et nombreux étaient les maliens qui pensaient que les partis politiques étaient enterrés définitivement.
C’était sans compter sur la persévérance des acteurs politiques qui ont commis des Conseils, dont le célèbre avocat Me Mountaga Tall, afin que le Droit soit dit dans cette affaire juridico-politique. Trois tribunaux (CIII, CIV et CV) se sont déclarés incompétents. L’affaire est pendante au niveau du TGI de la VI. Alors que celui de la CI, compétent a rendu, ce lundi 25 août , sa décision en « ordonnant le sursis à statuer jusqu’à l’examen définitif de l’exception d’inconstitutionnalité soulevée ; ordonnant la transmission de la procédure à la Cour Constitutionnelle via la Cour Suprême en application des dispositions de l’article 133 de la Constitution du 22 juillet 2023 ».
Dans ce communiqué, le collectif des avocats a exprimé sa satisfaction du fait que leurs arguments aient été entendus par les juges du TGI de la CI. Il espère que la plus haute instance judiciaire puisse in fine appliquer la loi et prononcer le droit. Pour le collectif des avocats, il s’agit d’abord et avant tout de la défense des droits des citoyens et de leur liberté. À cela, s’ajoute une logique républicaine pour la garantie d’un état de droit. Il considère que c’est déjà une victoire du fait que l’affaire soit transmise à la Cour Constitutionnelle pour être définitivement tranchée. Un faisceau lumineux pour la résurrection des partis politiques ?
D’ores et déjà, les débats sur l’affaire de dissolution des partis politiques ont repris. Certains pensent qu’il faut définitivement tourner la page des partis politiques. Et laisser les militaires seuls gérer la Transition afin de terminer la lutte contre le terrorisme. Mais aussi ces gens estiment qu’ils sont, dans le contexte actuel, les seuls à pouvoir tenir tête aux occidentaux, en l’occurrence la France.
Par contre, d’autres maliens estiment que les autorités de la Transition doivent respecter leurs paroles et engagements pris aux maliens, au lendemain de la chute du régime de feu d’Ibrahim Boubacar KEITA .Pour ces derniers, le retour à l’ordre constitutionnel normal ainsi que la libération des « prisonniers d’opinions » est serait plus importante que bénéfique pour le Mali. Wait and see !
Monoko Toaly
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