COUVRE-FEU : Une bonne affaire pour les revendeurs de forfait

L’instauration du couvre-feu, qui  oblige toute personne résidant sur le sol malien à rentrer chez lui avant 21 heures, est plus qu’une faveur pour les revendeurs de crédit et de forfait internet, puisque les populations déjà à 20 heures forment des attroupements devant les boutiques des revendeurs de crédits. Et cela dans la seule optique d’alimenter leurs téléphones pour être sur les réseaux sociaux, une fois arrivé chez eux.

Dans la commune V du district de Bamako, précisément à Badalabougou, un revendeur de crédits et de forfaits du nom d’Alfousseiny Maiga se réjouit en ces termes : «Avant, je vendais 30 000 FCFA de crédit  par jour, maintenant avec le couvre-feu, je suis arrivé à 35 000 par jour »

Aboubacar Diawara, un consommateur de forfait d’internet n’utilisant que 500 FCFA de forfait par jour, est monté à 1000 francs, soit le double de ce qu’il consommait avant le couvre-feu. Selon lui, ceci est plus que normal car, indique-t-il, « nous n’avons pas d’autres choix que de nous connecter pour tuer le temps et avoir les nouvelles de nos proches avec qui on cause pendant la nuit ».   Lamine BAGAYOGO

VIOLENCES EXERCEES SUR LES FEMMES

Une trentaine de journalistes à l’école du PNVBG

En vue de renforcer les capacités des hommes de médias sur les violences basées sur le genre (VBG), tels qu’excision, le mariage des enfants et la santé de la production, le Programme national sur l’abandon sur les violences basées sur les genres (PNVBG), en partenariat avec le ministère de la Promotion de l’enfant, de la femme et de la famille organise, depuis lundi 30 mars, un atelier de 4 jours.

La cérémonie d’ouverture de cet atelier, présidée par le Secrétaire général dudit ministère, Chaka Magassa, a eu lieu le lundi 30 mars  à la Maison de la femme, sise à Sabalibougou. L’objectif de cet atelier est de contribuer à l’abandon des violences basées sur le genre au Mali en amenant les communicateurs à s’engager pour la diffusion des messages sur les VBG sur les antennes de télévisions et radios, la presse écrite et d’autres supports de communications.

S’agissant de la mission du PNVBG, la directrice du Programme, Dr Keita Fadima Tall, soutiendra que sa structure a pour missions la prévention, la coordination, le suivi-évaluation de toutes les actions pour l’abandon des VBG.  Avant de préciser qu’avec la crise institutionnelle en 2012 au Mali, le PNVBG a enregistré 18901 cas de violences basées sur le genre en juillet 2019. Aux dires de la directrice, la liste n’est pas exhaustive car, indique-t-elle, l’étude des VBG n’a pas pu se réaliser dans les campagnes, parce que les concernés ont opté pour le règlement à l’amiable de leurs cas.

Pour sa part, le représentant de la ministre, M. Magassa, soutiendra que cette problématique des VBG mobilise depuis plusieurs années, les structures étatiques, les organisations de la société civile (OSC), les partenaires techniques et financiers (PTF) et les populations. Selon les résultats de l’enquête démographiques et de santé (EDV VI) de 2018, précise-t-il,  au Mali, 45% des femmes de 15 à 49 ont subi des actes de violences physiques ou sexuelles ; la moitié des femmes, 49% de 15 à 49 en union ou en rupture d’union à n’importe quel moment, des actes de violence émotionnelle, physique ou sexuelle.

A l’en croire, le taux de prévalence national de l’excision atteint encore 88% chez les femmes de 15 à 49 ans et 73% chez les filles de 0 à 14 ans, 53% des femmes ont été mariées avant 18 ans, dont 18% avant leur quinzième anniversaire.

Pour relever ce défi, il a exhorté les participants à la ponctualité, à l’assiduité et à poser beaucoup de questions pour mieux comprendre les modules qui leur seront présentés. C’est à ce prix, conclut-il, que les objectifs seront atteints.

Il faut rappeler que cet atelier d’échanges prendra fin demain jeudi 2 avril, qui sera certainement présidée par la ministre de la Promotion de la femme, de l’enfant et de la famille.

Lamine BAGAYOGO

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