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CRASH d’AIR ALGÉRIE : DOUZE ANS APRÈS, SWIFTAIR CONDAMNÉE POUR HOMICIDE INVOLONTAIRE

Le 28 septembre 2026, le tribunal correctionnel de Paris a infligé à Swiftair la peine la plus lourde prévue pour homicides involontaires ; 225 000 euros d’amende. Cette décision clôt, en première instance, un dossier né le 24 juillet 2014, quand un MD-83 loué par Air Algérie à la compagnie espagnole s’est abîmé dans le nord du Mali. Les 116 occupants, dont 54 Français et six membres d’équipage espagnols, ont tous péri.

L’avion avait décollé de Ouagadougou en direction d’Alger. En pleine nuit, traversant une zone orageuse, il a perdu de la vitesse, décroché à haute altitude et percuté le sol près de Gossi. L’enquête technique a montré que le système d’antigivrage des moteurs n’avait pas été activé. Des cristaux de glace ont faussé les sondes de pression. L’autothrottle a alors réduit la poussée. Les pilotes n’ont pas redressé la situation à temps.

Le tribunal n’a pas seulement retenu les conditions météo. Il a jugé que des manquements de Swiftair dans la formation et le suivi des équipages avaient contribué de façon certaine à la catastrophe. Contrôles de compétence incomplets, entraînement au décrochage insuffisant, vols de remise à niveau trop peu nombreux : autant d’éléments qui, selon les juges, ont privé l’équipage des réflexes nécessaires.

Swiftair a toujours contesté sa responsabilité. Elle a invoqué les lacunes des manuels de vol, pointé d’autres acteurs et tenté de faire valoir un non-lieu obtenu en Espagne. Le tribunal français a écarté ces arguments. L’amende maximale a été prononcée, accompagnée d’une somme destinée aux associations de parties civiles. La compagnie dispose de dix jours pour faire appel.

Pour les familles, le verdict apporte un soulagement après plus de quatre mille jours de procédures. Il ne ramène personne. Il établit pourtant une responsabilité claire ; celle d’une entreprise qui, selon la justice, n’a pas assuré à ses pilotes la préparation exigée par les risques du métier. Douze ans après le silence du Sahel, la question de la formation des équipages resurgit avec force.

Stephan MOMO (Stagiaire)

MALI 24

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