Le Conseil des ministres du 9 octobre 2026 a acté une décision majeure ; l’adoption de normes strictes sur l’étiquetage des équipements électriques et l’écoconstruction. Au-delà de l’enjeu environnemental, c’est surtout une riposte pragmatique pour préserver le réseau électrique national.
Face à une demande en électricité qui explose et un réseau national régulièrement mis à rude épreuve par les délestages, le gouvernement malien change de paradigme. Lors du Conseil des ministres présidé par le Général d’Armée Assimi Goïta, l’exécutif a adopté deux décrets décisifs ; l’un imposant un étiquetage énergétique sur les lampes et appareils électroménagers neufs, l’autre fixant des mesures d’efficacité pour la construction des bâtiments.
L’objectif de cette réforme vise à traquer le gaspillage énergétique. Jusqu’ici, le marché malien a souvent servi de réceptacle à des équipements de mauvaise qualité ou obsolètes. Ces véritables « vampires ou suceur » électriques font flamber les factures des ménages et saturent les capacités de production de la société Énergie du Mali (EDM-SA). Avec ce nouveau système d’étiquetage, les consommateurs seront guidés vers les équipements les plus économes, ce qui devrait condamner à terme l’importation d’appareils budgétivores.
Mais la véritable révolution se jouera dans le secteur du bâtiment. Les nouvelles normes imposeront des exigences minimales d’isolation thermique, d’éclairage et de climatisation dès la conception des édifices. À Bamako, où la chaleur accablante impose une surutilisation des climatiseurs, repenser l’architecture pour retenir le frais n’est plus un luxe, mais une nécessité absolue pour ne pas tirer excessivement sur le réseau national.
Pour le ministère de l’Énergie et de l’Eau, l’enjeu dépasse la simple réduction des factures. Il s’agit d’une question de souveraineté nationale. En effet, le mégawatt le moins cher à produire reste celui que l’on ne consomme pas. En agissant sur la maîtrise de la demande plutôt que de courir uniquement derrière l’augmentation coûteuse de la production, les autorités espèrent atténuer la crise énergétique de façon pérenne.
Cependant, le défi de la mise en œuvre reste entier sur le terrain. Comment imposer ces normes dans un pays où l’autoconstruction domine largement et où le marché de l’occasion dicte sa loi ? L’État devra impérativement lier le contrôle douanier à de vastes campagnes de vulgarisation, afin que cette transition devienne une réalité palpable et acceptée par tous les Maliens.
Stephan MOMO (stagiaire)
MALI 24
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