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Dette publique et Développement: Des organisations de la société civile exigent la suspension du paiement de la dette et son audit

C’est ce que recommandent entre autres les responsables de la coalition des alternatives Africaines Dettes et Développement (CAD-Mali) et le Réseau Comité pour l’Abolition des Dettes Illégitimes (CADTM-Afrique). C’est au cours d’une conférence de presse le vendredi 3 juin 2022 au siège de la CAD-Mali à Djelibougou.
Pour les conférenciers, la stratégie adoptée par le Gouvernement de la République du Mali, ne permet pas de se libérer de l’esclavage de la dette. Laquelle (stratégie) selon eux, consiste à maintenir la tendance actuelle en rallongeant la maturité de la dette intérieure à 10 ans, la maximisation des prêts concessionnels extérieurs de 30 % contre 17% et le recours aux emprunts commerciaux extérieurs (EUROBONDS). Or, regrettent-ils, celui-ci n’a pas pu respecter sa stratégie d’endettement car l’encours de la dette qui était en fin 2021 de 5 521,82 milliards de FCFA, soit 52% du PIB, représente 35,7% des recettes budgétaires.
Aussi, constatent-ils que le pourcentage de la dette par rapport au PIB (Produit intérieur Brut) et des recettes budgétaires oblige le gouvernement a donné la priorité au remboursement du service de la dette au détriment de la satisfaction des besoins fondamentaux des populations comme l’alimentation, l’éducation, la santé, l’eau, l’électricité, l’emploi, le logement et le travail décent. L’Etat ont-ils affirmé, brade les matières premières et les terres agricoles aux multinationaux pour le remboursement de la dette. Comme conséquences du système de la dette sur les droits humains au Mali, ils ont énuméré la fermeture et la privation des entreprises publiques (sur les 90 entreprises publiques créées en 1985, 26 ont été liquidées, 28 privatisées, il ne restait plus que 36 en 1998) la baisse en valeur réelle des salaires comprise entre 11% et 18%, la réduction des effectifs de la fonction qui ont passé de 45 000 en 1991 à 37 000 en 1998, la retraite anticipée des enseignants, la suppression de la bourse au secondaire général etc.
Comme alternative, ils ont proposé aux autorités de la transition l’encadrement du recours à l’endettement dans les reformes politiques et institutionnelles en y insérant dans la prochaine constitution, les questions de dette extérieure et intérieure publiques, la micro finance (micro-crédit). Le recours à l’endettement ont-ils indiqué, ne doit être possible que si les rentrées fiscales et les ressources issues de la coopération et de la réciprocité internationales s’avèrent insuffisantes et doit exclusivement financé les programmes et projets d’investissements dans le domaine des infrastructures ou des projets qui généreront des ressources permettant le remboursement. Aussi, exigent-ils la suspension du paiement de la dette, son audit avec une participation citoyenne pour l’annulation des parties illégales, illégitimes, odieuses et insoutenables, la réduction du ratio dette PIB (fixé par l’UEMOA) de 70 à 40% et la réduction du taux d’intérêts de 24 à 4, 23% des institutions de micro-crédits. Par ailleurs, ils ont aussi plaidé pour la transformation des tontines traditionnelles en système d’épargne et de crédits auto-gérés à taux zéro et la redéfinition de la place et du rôle des Institutions financières Internationales dans la gouvernance mondiale en les détachant des organismes spécialisés qui ont une compétence limitée pour les rattacher à l’Organisation des Nations Unies ( ONU) qui est une organisation universelle.
Cette conférence de presse faisant suite au séminaire de renforcement des capacités des organisations de la société civile du Mali, en présence des délégués du Burkina Faso, Cameroun, Maroc et du Togo, organisé du 1er au 2 juin 2022. Il avait pour objectif d’informer l’opinion nationale et internationale sur l’impact de la dette sur le développement, les droits humains et les perspectives d’alternatives. Elle a été animée par Broulaye Bagayoko, secrétaire Permanent du Réseau CADTM- Afrique, Oumar Aziki Attac Maroc, Agnés Metougou Adelaïde Coordinatrice de la Plateforme d’information et d’actions sur la dette du Cameroun etc.
Alpha Sidiki Sangaré

Source: L’Investigateur

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