Diabète : Les seniors interpellent l’Etat pour améliorer leur prise en charge

Une bonne prise en charge des diabétiques nécessite des conditions de vie satisfaisantes, notamment la sécurité alimentaire et l’accès facile aux soins. Cependant, force est de constater, qu’au centre de prise en charge diabétique du CSREF de la commune V et à l’image de nombreux autres centres de prise en charge du pays, les séniors sont confrontés à d’énormes problèmes. Ils ont profité de notre passage pour interpeller l’Etat afin d’améliorer leur prise en charge.

Le Diabète est une maladie chronique qui s’articule autour d’une élévation permanente du taux de sucre dans le sang. Il entraine, s’il n’est pas bien traité, des complications pouvant mettre en jeu la vie de la personne atteinte. L’unité de prise en charge du CSREF de la commune V du district de Bamako que nous avons visitée le mardi 11 mai 2021 détecte de plus en plus de cas de diabète chez les sujets âgés dans la tranche d’âge comprise entre 50 et 60 ans. D’entrée de jeu, Dr. Toure Assa Traoré, médecin spécialiste en endocrinologie, maladies métaboliques et nutrition, nous a fait savoir que les personnes âgées atteintes de la pathologie étaient prises en charge comme les autres patients atteints de diabète. Par contre, elle a signalé des particularités chez ces patients qui présentent pour la majorité, d’autres maladies associées, ce qui rendrait leur prise en charge un peu plus compliquée. Secundo, il faut voir aussi l’état cognitif du sujet âgé parce que le diabète est une maladie chronique incurable qui nécessite une prise en charge qui est de plusieurs ordres. Toujours aux dires de Dr. Assa Traoré, les sujets âgés ont parfois des problèmes de vision, d’autres ont de la peine à marcher. Ainsi, la spécialiste en endocrinologie a parlé du régime alimentaire des patients qui devrait être équilibré. Concernant les difficultés, elle a affirmé que les problèmes pouvaient être d’ordre pécuniaire. Car, selon elle, le diabète est une maladie dont le traitement coûte cher avec la réalisation d’examens complémentaires pour le suivi. Au cours du traitement, à ses dires, il peut y avoir aussi des complications. « Chez les personnes âgées, le vieillissement peut être un facteur entrainant plus de complications à savoir des problèmes oculaires qui peuvent  provoquer la cécité, des insuffisances cardiaques, des insuffisances rénales, des plaies du pied qui peuvent aboutir à des amputations, des accidents vasculaires cérébraux (AVC) etc. Ce n’est pas seulement l’hypertension qui entraine l’AVC, le diabète aussi peut en provoquer », a-t-elle révélé. S’agissant du nombre de patients, elle nous a fait savoir que son centre de prise en charge peut recevoir plus d’une centaine de patients par mois dont certains, faute de moyens, abandonnent le suivi de leur maladie au centre. Il y a eu même des cas où on hospitalise certains sujets âgés diabétiques, mais qui,  faute de moyens financiers, sortent contre avis médical ou s’évadent. Elle a déploré l’absence du service social au centre de santé de référence de la commune V, ce qui les amène parfois, eux même personnel de santé, à voler au secours de certains patients. « C’est parce que le diabète est une maladie qui dure toute la vie et qui coûte cher que nous mettons beaucoup l’accent sur la prévention. Dans ma pratique quotidienne, quand je rencontre un nouveau cas de diabète, je lui suggère de faire de la sensibilisation son cheval de bataille auprès des autres membres de sa famille », a-t-elle conseillé. Dr. Touré Assa Traoré a souligné que certains médicaments antidiabétiques sont inscrits à l’Assurance Maladie Obligatoire (AMO), mais que la plupart des patients ne bénéficient pas des avantages de cette assurance, car ils n’y ont pas accès. Pour en savoir plus sur la prise en charge, nous avons recueilli sur place certains témoignages de patients : O. Diarra, résidante à Torokorobougou, en commune V du district de Bamako, a raconté que les conditions de vie sont très déplorables. « Nous pouvons faire plus d’une semaine sans avoir accès à nos soins et pourtant nous sommes exposés à toute sorte de dangers », a-t-elle déploré. De son coté, Yves, 49 ans, souffrant de diabète depuis deux ans, nous a confié : «la première fois que j’ai découvert que je souffre de Diabète, ça été une bouleversante nouvelle et j’avais le moral au talon, mais les conseils du médecin m’ont permis de retrouver le moral. Après plusieurs analyses, le médecin m’a fait savoir que ma vision a été impactée. Concernant ma prise en charge, j’ai bénéficié du soutien, mais j’ai payé certaines analyses. Je demande au gouvernement de penser à la subvention des produits antidiabétiques pour soulager nos souffrances, car la prise en charge n’est pas facile pour certains ». Parfois, l’effort de toute la famille est souhaité. C’est le cas de Ouley, 55 ans, souffrant de diabète depuis 3 ans. Elle nous a raconté que sa maladie la torture et lui cause d’énormes problèmes (vertiges, régime alimentaire). Elle a témoigné que c’est son garçon et son frère qui prennent en charge ses frais d’ordonnance et d’analyse. Malgré tout, elle a tenu à lancer un cri de cœur aux plus hautes autorités pour qu’elles pensent à la subvention des médicaments compte tenu de la cherté des analyses et des produits rentrant dans le traitement du diabète.

Moussa S Diallo

Source: Lerepublicainmali

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