Dialogue avec les djihadistes au Mali : Les contradictions de Jean Yves Le Drian

Le ministre français des affaires étrangères, Jean Yves Le Drian, se contredit dans la résolution de la crise malienne.
Le ministre français de l’Europe et des affaires étrangères, Jean Yves Le Drian, a effectué les 25 et 26 octobre 2020 une visite à Bamako. Une première au Mali d’un haut responsable français depuis les événements du 18 août dernier ayant entraînés le départ du Président Ibrahim Boubacar Kéïta. Le 26 octobre, le chef de la diplomatie française a animé, dans les locaux de la Primature, un point de presse avec le Premier ministre, Moctar Ouane. Un échange précédé par la signature de cinq conventions de partenariat entre les gouvernements français et malien.
Selon Jean Yves Le Drian, « ce sont les Maliens et Maliennes qui détiennent la solution à la crise ». Interrogé par un confrère de l’Agence France presse sur la position de son pays sur le dialogue avec les groupes djihadistes, le ministre français des affaires étrangères n’a laissé aucun doute. « Disons les choses très clairement : il y a les accords de paix… et puis il y a les groupes terroristes qui n’ont pas signé les accords de paix….Les choses sont simples », a souligné Le Drian.
La contradiction du chef de la diplomatie malienne se situe à ce niveau. Si ce sont les Maliens et Maliennes qui détiennent la solution à la crise, comme l’a bien dit Le Drian, le dialogue avec les groupes djihadistes était une demande forte des forces politiques et sociales du Mali. En 2017, la conférence d’entente nationale, une recommandation de l’accord pour la paix et la réconciliation issu du processus d’Alger a fortement appelé le gouvernement à engager le dialogue avec Iyad Ag Ghaly et Amadou Kouffa, deux figures emblématiques des groupes armés qui sèment la terreur au nord et au centre du Mali. Le dialogue national inclusif (DNI) tenu en décembre 2019 a également recommandé au gouvernement de prendre langue avec les groupes armés radicaux.
Il est important que la France comprenne cela : il ne sert à rien de substituer aux Maliens.

DTK

Source: L’Investigateur

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