Ibtissame Lachgar, une militante féministe marocaine sera jugée le 27 août pour « atteinte à l’islam » après s’être prise en photo avec un t-shirt « Allah is lesbian » (Dieu est lesbienne, NDLR).
Le procès pour « atteinte à l’islam » de la militante féministe marocaine Ibtissame Lachgar s’est ouvert ce mercredi 13 août, moins de 24 heures après son placement en détention, mais a aussitôt été reporté au 27 août à la demande de la défense, a annoncé son avocate à l’AFP.
Psychologue clinicienne, Ibtissame « Betty » Lachgar, militante de 50 ans connue pour son engagement en faveur des libertés individuelles, a publié fin juillet une photo d’elle vêtue d’un t-shirt où apparaissait le mot « Allah » (« Dieu ») suivi de la phrase « is lesbian » (« est lesbienne »).
L’image était accompagnée d’un texte qualifiant l’islam, « comme toute idéologie religieuse », de « fasciste, phallocrate et misogyne », une publication qui a suscité de vives réactions sur les réseaux sociaux, allant des appels à son arrestation à des menaces de viol et de lapidation.
Placée en garde à vue dimanche, Ibtissame Lachgar a été mise en détention mardi pour atteinte à la religion islamique en attente de son procès. Son avocate, Naïma Elguellaf, a expliqué avoir demandé le report pour préparer la défense ainsi qu’une remise en liberté provisoire de sa cliente.
Me Elguellaf a fait valoir des problèmes de santé de Ibtissame Lachgar, décrite par une proche comme une « survivante d’un cancer nécessitant un traitement ». Selon cette amie, présente à l’audience, l’avocate a également invoqué l’absence de « menace directe pour la sécurité d’autrui » ainsi que pour celle de la prévenue en cas de remise en liberté provisoire.
Toutefois, cette requête a été rejetée par la cour, a indiqué à l’AFP la famille de la militante citant la défense. L’article 267-5 du Code pénal marocain, en vertu duquel la militante est poursuivie, punit de six mois à deux ans de prison ferme « quiconque porte atteinte à la religion musulmane ».
La peine est susceptible d’être portée à cinq ans d’emprisonnement si l’infraction est commise en public, « y compris par voie électronique ». Par le passé, le militantisme d’Ibtissame Lachgar lui a valu plusieurs démêlés avec les autorités, notamment en 2016 et 2018, mais sans jamais donner lieu à des poursuites.
Source : BFM TV
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