EDUCATION: Les réseaux sociaux et la baisse de niveau chez les élèves

Réputés comme outils de recherche et d’informations voire même un espace pour tisser des relations, ces instruments très utiles pour l’autoformation des élèves risquent de tourner mal contre le niveau des élèves. De nos jours, les réseaux sociaux sont l’une des causes principales de la baisse de niveau des élèves au Mali. Un couteau à double tranchant que les jeunes n’arrivent plus à contrôler.

Kadidiatou Sangaré (élève accro aux réseaux sociaux) :

« J’ai commencé l’utilisation des réseaux sociaux en 8e  quand j’ai eu mon premier Smartphone offert par mon père. Les réseaux sociaux que j’utilise sont : Facebook, Instagram, WhatsApp, Twitter, TikTok et YouTube. Je me connecte souvent la nuit de 20h à 1h ou 2h du matin. C’est seulement quand j’ai sommeil que je me déconnecte pour me coucher. Sinon ça peut aller même au-delà. Sur certains de ces réseaux, je discute avec des amis, je fais la rencontre de nouvelles personnes. Sur d’autres comme YouTube, TikTok, je regarde des vidéos amusantes, des vidéos de mes artistes préférés. Je passe tellement de temps sur ces réseaux sociaux que j’ai souvent du mal à me concentrer en classe. Et très souvent je n’ai même pas le temps d’apprendre mes leçons. Ce qui me pose un sérieux problème aujourd’hui ».  

Tidiane Coulibaly (élève en Terminale) :

« Je n’utilise pas les réseaux sociaux à cause de mon tonton et tuteur. Dès la rentrée, il m’a confisqué mon portable. Pour lui, avoir un téléphone compromet les études. Donc il prend et garde le téléphone pendant toute la période scolaire. Il dit que, je suis à une phase où l’échec n’est pas permis ».

Ousmane Maïga (directeur d’école) :

« Les réseaux sociaux jouent beaucoup sur le niveau des élèves. Ils passent trop de temps sur ces réseaux et c’est rarement pour la bonne cause. Les côtés pédagogiques leur sont inconnus ou du moins ne les intéressent pas. Chez nous, à l’école, l’usage du téléphone est formellement interdit par le règlement intérieur. On ne peut pas régulariser l’utilisation des réseaux sociaux. On n’a pas les moyens pour le faire.  Les élèves utilisent ces réseaux sociaux pour échanger avec des amis rarement pour faire des recherches. Ils les utilisent seulement pour le divertissement. Lorsque les écoles ont été fermées l’année dernière à cause de Covid 19, les professeurs ont créé des groupes WhatsApp. On essayait de faire des cours à domicile pour accompagner les élèves pendant qu’ils sont à la maison. Le résultat ne fut que déception. Ce ne fut qu’une perte de temps car les élèves n’y participaient pas. Même si on dit aux élèves d’amener les téléphones pour leur montrer comment faire des recherches, pendant que le maitre explique comment les utiliser, tu verras d’autres qui sont concentrés sur leur téléphone à faire autre chose. C’est pourquoi on interdit l’usage même des réseaux sociaux à l’école ».

Mr Tajude (enseignant) :

« Ces réseaux jouent beaucoup sur le niveau des élèves. Bien qu’ils ont des avantages mais le côté négatif prime sur le côté positif. Les réseaux sociaux sont si mal utilisés de telle sorte que ça devient un handicap dans le système d’apprentissage. Les élèves sont plus intéressés par ces réseaux sociaux qui sont en train de dégrader leur apprentissage. On peut apprendre et en même temps être sur les réseaux sociaux. On peut aussi apprendre sur ces réseaux sociaux. En un moment de notre vie, on a besoin de ces réseaux sociaux pour s’informer et échanger  avec les autres, mais il faut se donner un canevas pour bien l’utiliser. Donc de ce fait, j’invite la société à sensibiliser les élèves à faire un bon usage de ces réseaux sociaux ».

Adama Magassouba (parent d’élève) :

« L’utilisation des réseaux sociaux doit être régularisée. Mes enfants n’ont droit à avoir les téléphones portables qu’après l’obtention du Diplôme d’étude fondamental (DEF). Au lycée, avoir accès aux réseaux sociaux devient une nécessité pour les élèves car ils font des recherches en ligne et s’informent sur l’actualité du pays et du monde en général. A l’approche des examens et compositions, mes enfants n’ont droit qu’à 30 minutes ou 1 heure de téléphone et ça c’est seulement pour faire des recherches. Bien que la tâche paraisse difficile, j’invite tous les parents à veiller sur l’utilisation des réseaux sociaux des enfants à la maison afin de ne pas compromettre leur avenir ».

Propos rassemblés par

Aly Diabaté

(stagiaire)

Source: Mali Tribune

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