Organisées par le gouvernement de transition, les consultations «des forces vives» ont, sans grande surprise, partout où elles ont eu lieu, recommandé la dissolution des partis politiques.
«Depuis mercredi 16 avril, date à laquelle les fameuses consultations ont démarré, l’on voit en effet que les craintes publiquement exprimées par de nombreux responsables politiques n’ont rien de fantaisiste. Les recommandations faites par les participants aux fora organisés notamment à Kayes et à Ségou sur la révision de la Charte des partis attestent à suffisance de l’existence d’inquiétantes manœuvres visant à en finir au Mali avec les partis politiques. Sans surprise, les « consultés », soigneusement triés sur le volet, se sont massivement prononcés pour la dissolution des partis», écrit Me Mamadou Camara dans une tribune intitulée : «Mali : le temps du ressaisissement pour les partis politiques ?».
Ces recommandations confirment déjà les rumeurs qui courent depuis un certain temps. Elles donnent aussi raison aux leaders politiques qui ont décidé de ne pas prendre part à cette initiative, dont l’annonce est tombée comme un couperet à l’issue du Conseil des ministres du 9 avril dernier.
Le M5-RFP – tendance Choguel Kokalla Maïga – soutient que «les Autorités de la Transition doivent s’en tenir scrupuleusement aux Recommandations des Assises Nationales de la Refondation (ANR), déjà actées dans la nouvelle Constitution adoptée par Référendum le 18 juin 2023, véritables bases de légitimité de la Transition politique en cours…… le Comité Stratégique du M5-RFP signale qu’au moment où les Forces Armées Maliennes (FAMa) font face à d’énormes défis sur tous les fronts, il est inopportun, à l’évidence, de créer les conditions de tensions sociopolitiques pouvant avoir des implications contre-productives pour la stabilité de notre pays».
Ces prises de position des partisans de l’ex-chef du gouvernement ainsi que celles de certains hommes politiques rappellent cet extrait de l’éditorial de l’émérite journaliste burkinabé, Norbert Zongo, paru en juin 1993 dans son organe, ‘’L’Indépendant’’. «Les peuples comme les hommes finissent toujours par payer leurs compromissions politiques : avec des larmes parfois, du sang souvent, mais toujours dans la douleur… Chaque compromission avec une dictature est toujours payée au prix fort.… Personne n’échappe à une dictature lorsqu’elle s’installe dans un pays».
Faut-il donner raison à ceux qui dénoncent la confiscation du pouvoir d’Etat par le Cnsp à la faveur des événements du 18 août 2020 ? Ce qui se passe actuellement dans le pays marque-t-il une étape importante de ce processus ? Serait-il prêt à tout pour parvenir à ses fins ?
Les tentatives de culpabiliser la démocratie, les partis et acteurs politiques ont-elles fait long feu ? Pourquoi entreprendre de dissoudre les formations politiques? Quelle est l’urgence d’ouvrir un nouveau front de contestation en plus des tensions existantes ? Pourquoi instaurer un climat de division au moment où la nation a plutôt besoin de plus de cohésion pour affronter les multiples défis de l’heure ? Pourquoi de telle confusion au moment le Mali fait face à tant adversités? Entre nous, c’est quoi finalement le Projet ?
Par Chiaka Doumbia
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