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Entre Nous : Le Mali au-dessus de nos petites personnes…

Le Mali est secoué, depuis plus d’une décennie, par la plus grave crise de son existence en tant qu’Etat-nation. Au constat amer que la cohésion nationale reste plus problématique que jamais, ses citoyens sont en proie au désespoir et à l’angoisse.

Entre nous, on ne saurait réaliser ‘’l’union sacrée’’ avec des discours clivants qui stigmatisent des fils du pays. On ne saurait non plus maintenir sur le rail le train du rassemblement, tant vital pour notre nation confrontée à une crise aussi grave que complexe, en catégorisant les Maliens entre « patriotes et apatrides », ainsi que l’ont fait certaines autorités de la transition.

On ne saurait acter dans le sens de la cohésion sociale ni de l’unité nationale en continuant de jeter la pierre à des acteurs politiques ou institutionnels dont le seul tort est le simple fait d’avoir participé à la gestion des affaires publiques.

On ne saurait réaliser ‘’l’union sacrée’’ tant que ceux- là qui la prônent sont les mêmes qui suscitent les clivages entre leurs compatriotes, encouragent des cyber-activistes à lyncher des citoyens pour leurs opinions sur la gestion des affaires publiques. Aimer le Mali, c’est aussi et surtout dire la vérité aux autorités, c’est émettre des critiques constructives qui les aident à rectifier le tir quand cela est nécessaire.

On ne saurait rassembler les Maliens autour de l’essentiel  avec des mesures impopulaires qui accentuent la fracture sociale. On ne saurait les rassembler autour de l’essentiel s’ils ont l’impression que  l’appareil judiciaire est à la merci du prince du jour.

Quelle union sacrée pour sauver le Mali du naufrage ? Les autorités de transition ont-elles les ressources nécessaires pour engager le pays sur la voie souhaitée par l’ensemble de ses fils ? « Si tous les fils du pays venaient par leurs mains rassemblées, boucher les trous de la jarre percée, le royaume serait sauvé », disait le Roi Gheso du Danhomey.

La responsabilité de rassembler les Maliens incombe en premier lieu à ceux auxquels Dieu a confié la destinée du pays. Par des actes plus que par des discours populistes, ces derniers devraient  contribuer à créer les conditions nécessaires à cette fin. En oubliant les petits agendas personnels, les petits privilèges découlant de leur statut du jour au profit d’un agenda pour le Mali. Pour le mieux-être de tous les Maliens.

Ils doivent éviter des décisions controversées de nature à exacerber les tensions et à approfondir le fossé de la division. Ils doivent écouter davantage de forces politiques et sociales et les associer à la prise de certaines décisions concernant l’ensemble des Maliens. Le Mali est au-dessus de nos petites personnes et de nos petits agendas personnels !!!

Par Chiaka Doumbia

 

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