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Exploitation minière au Mali : Ce mal nécessaire

L’exploitation minière au Mali est à la fois une opportunité et un défi. Si elle constitue un moteur économique aujourd’hui, elle doit être encadrée de manière à sauver notre environnement.

Deuxième producteur d’or en Afrique, le Mali est un pays dont l’économie repose aujourd’hui en partie sur l’exploitation minière. Cette activité, bien que génératrice de richesses et d’emplois, soulève de nombreuses interrogations quant à ses impacts environnementaux, sociaux et économiques. Entre opportunités et défis, elle apparaît comme un mal nécessaire pour le développement du pays. Nous devrions penser aux générations futures quand on sait que les terres de plus en plus affectées ne serviront peut être que des années après,   voire à jamais.

L’exploitation minière constitue une source majeure de revenus aujourd’hui pour l’État malien. Les exportations aurifères représentent environ près de 75% des recettes d’exportation du pays et contribuent significativement au Produit intérieur brut (PIB). Grâce aux taxes et redevances minières, le gouvernement peut financer des infrastructures, des services publics et des programmes sociaux essentiels. Les entreprises minières, nationales et internationales, investissent également dans le pays, apportant des capitaux et créant des emplois pour la population locale. L’industrie minière offre des opportunités d’emploi à des milliers de Maliens, que ce soit directement dans les mines ou indirectement à travers les services et le commerce qui gravitent autour de cette activité. Grâce à ce gain jugé facile et rapide, l’agriculture a tendance à être reléguée au second rang. Dans un pays où l’autosuffisance alimentaire est et  reste un défi à relever, ce phénomène devrait plutôt inquiéter. Pendant l’hivernage, les bras valides fuient les zones d’agriculture pour se réfugier dans les sites d’orpaillage à la recherche de pépites. Dans les zones aurifères, bien que la terre soit aride, ils sont peu nombreux à s’intéresser à l’agriculture. Encore que ces sites arides sont l’objet de convoitises par les  infatigables chercheurs d’or.

Nos terres et cours d’eau sont de plus en plus affectées par les conséquences de l’exploitation aurifère sous toutes ses formes. Elle  a un coût écologique et social non négligeable. La déforestation, la pollution des sols et des cours d’eau par les produits chimiques utilisés, la destruction des écosystèmes ne peuvent être stoppées que par le seul pouvoir public. L’orpaillage artisanal est pratiqué un peu partout au Mali, dans des conditions toujours dangereuses qui n’épargnent ni les populations, ni les animaux domestiques et sauvages à des substances toxiques.

Opportunité et un défi

La présence des entreprises minières souvent inconnues provoque des tensions locales, souvent en raison de l’occupation régulière de terres au détriment de leurs propriétaires. Cette autre facette d’expropriation de terres est aussi source d’inquiétudes. Les conflits entre populations locales et entreprises minières ne sont pas rares. Le hic est que dans la majeure partie des cas, le vrai propriétaire est le perdant car, avec l’argent, tout devient facile.

Face à ces défis, le Mali doit renforcer sa gouvernance minière afin d’assurer une exploitation plus responsable et durable de ses ressources. La mise en place de normes environnementales strictes, l’encadrement des activités des entreprises minières et une meilleure redistribution des richesses sont autant de mesures nécessaires pour optimiser les bénéfices tout en réduisant ses effets négatifs.

L’exploitation minière au Mali est à la fois une opportunité et un défi. Si elle constitue un moteur économique aujourd’hui, elle doit être encadrée de manière à sauver notre environnement. Nous avions aussi un défi qui est de penser à la génération future. Ce que nos ancêtres ont aussi fait pour nous. Ce qui se passe aujourd’hui même au cœur de Bamako interpelle les autorités actuelles L’histoire est le juge.

Par Drissa Togola

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