Face à la Covid-19, il y a le Mali des protégés et le Mali des exposés

L’actualité ce lundi 25 janvier 2021 dans le Mali Koura de Bah N’DAW, des colonels et des colonelisés, ce n’est pas que risible coup de théâtre qui se traduit par la pseudo-destitution d’El Hadji Issa Kaou N’DJIM, Coordinateur général de la CMAS par la volonté et la bénédiction du très respecté-éclairé Imam Mahmoud DICKO, ni que le safari de la demi-douzaine de ministres dans la forteresse toujours séparatiste de Kidal où ils ont eu droit, malgré la présence de leurs représentants dans le gouvernement, à l’hospitalité azawadienne aux couleurs du MNLA.

Tandis que le très précautionneux ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation conviait ce lundi matin 25 janvier 2021 les représentants des partis politiques et des organisations de la société civile au Gouvernorat du District de Bamako, au Centre de Formation des Collectivités territoriales (CFCT), sur la route de Kati et la Direction nationale de l’état civil (DNEC), contiguë au CFCT pour l’ouverture de la Rencontre Technique du Cadre de Concertation National et pour les travaux des groupes de travail sur la relecture des textes régissant les élections, les élèves et étudiants du Mali reprenaient le chemin des classes et des amphis.

Entre les deux événements apparemment rien de commun, sauf qu’ils interviennent tous les deux dans un contexte marqué fortement par résurgence de la pandémie de la COVID-19 et le contraste révulsant et révoltant au niveau des images qui circulent sur les réseaux. D’un côté, on voit ceux d’en-haut le ministre de l’Administration dans une belle salle entourée de ses principaux collaborateurs en visioconférence avec les membres du Cadre de Concertation National dans strict respect des mesures barrières. De l’autre on a vu hier circuler les images, de ceux d’en-bas, le peuple du Mali, les pauvres et les enfants des pauvres, les écoliers de Bakaribougou (Bakaribougou est l’un des quartiers populaires de Bamako qui se situe entre Quinzambougou et la Zone industrielle) avec leurs maîtres d’école, entassés tels des sardines dans une cour, sans aucune mesures de distanciation sociale, sans masques et sans solutions hydro alcooliques, hisser avec fierté et ferveur le drapeau du Mali….

Le contraste des images donne des larmes aux yeux de toute âme sensible. Mais, tel est le Mali, la réalité de notre Nouveau Mali, le Mali Koura à double vitesse qu’on veut bâtir contre la COVID-19 : d’un côté un Mali des protégés et ceux qui ont les moyens de se protéger contre la COVID-19 et, de l’autre, un Mali des exposés et de ceux qui n’ont d’autre alternative que d’être exposés à la maladie de la COVID-19. Comme si la pandémie était là pour décimer les plus pauvres…

PAR BERTIN DAKOUO

Info matin

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