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Faux, l’État malien n’a pas « racheté » la licence de Moov Africa Malitel

Chaque semaine apporte désormais son lot de polémiques virtuelles ou de « buzz » sur les réseaux sociaux maliens. Si l’actualité récente a été marquée par les sanglots mystico-religieux d’un jeune prêcheur et de ses fidèles lors des festivités de la Achoura, une autre affaire, survenue une dizaine de jours plus tôt, a profondément heurté l’opinion publique. Il s’agit d’une fausse information, distillée avec une volonté délibérée de travestir les informations par certains créateurs de contenus en quête d’audience sur TikTok, YouTube et Facebook.

Ces cyber-activistes ont affirmé, sans sourciller, que l’État malien avait « racheté » à coup de 160 milliards de nos francs la licence de l’opérateur Moov Africa Malitel.

Contrairement aux affabulations partagées en boucle sur la toile numérique, aucune opération de rachat de licence n’a eu lieu. Les colporteurs de rumeurs ont simplement sorti de son cadre légal une procédure administrative tout à fait classique : le renouvellement de la licence globale d’exploitation de l’opérateur, intervenu en octobre 2024 pour une durée de 15 ans.

Propagée telle une traînée de poudre, cette fausse rumeur continue d’alimenter les débats numériques, et ce, malgré les clarifications officielles apportées par le ministre de la Communication et de l’Économie numérique au moment des faits.

Sur les ondes de la télévision nationale (ORTM), le ministre Alhamdou Ag Ilyène avait pourtant rétabli les faits avec précision. L’opération réelle ne concernait pas un rachat de licence, mais une restructuration stratégique de l’actionnariat. Le Mali a en réalité hissé sa participation de 49 % à 56 % du capital, devenant de ce fait l’actionnaire majoritaire de la Sotelma (la société mère de Moov Africa Malitel). En reprenant ainsi le contrôle de ce fleuron technologique national, le gouvernement a également verrouillé la gouvernance quotidienne de l’entreprise. L’accord stipule que les postes ultra-stratégiques de Directeur Général Adjoint et de Directeur Administratif et Financier reviennent désormais à la partie malienne.

Contacté par notre rédaction, un proche du dossier résume la situation avec une logique limpide : « On ne peut pas acheter un bien dont on est déjà propriétaire ».

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