Fin des ANR : Bamako dans son propre piège !

Les assises nationales de la refondation (ANR) ont pris fin hier jeudi 30 décembre 2021 au centre international de conférences de Bamako (CICB).

Pour le Président du Panel des Hautes personnalités des ANR, Zeyni Moulaye, la lueur d’espoir que nous attendions est devenue un vrai soleil levant. Les ANR, a-t-il souligné, ont connu un franc succès par les contributions pertinentes avec un diagnostic sans complaisance de la situation du pays.

De l’avis du Président de la Transition, Colonel Assimi Goïta, les recommandations et résolutions issues des travaux traduisent le désir de changement des Maliens. 

De toutes les recommandations celle relative à la prorogation de la Transition était la plus scrutée. Sur la durée de la transition, les délégués aux ANR sont restés évasifs en préconisant une prorogation variant de 6 mois à 5 ans. « Les participants se sont prononcés pour la prorogation de la transition afin de pouvoir réaliser les réformes institutionnelles structurantes et, par conséquent, permettre des élections crédibles, équitables et transparentes. Les délais avancés varient de 6 mois à 5 ans », peut-on lire à la page 6 du document.

Où est donc le calendrier électoral promis ? En prenant une loupe pour parcourir les 46 pages des recommandations des ANR, on ne retrouve nulle part le fameux chronogramme. Aucun calendrier électoral n’est sorti des ANR. Ainsi, il revient maintenant au gouvernement de choisir la durée restante de cette parenthèse transitoire. Or, la position défendue jusque-là par une partie des officiels voudrait que les délégués affirment sans équivoque la préférence populaire pour six (6) mois, un (1) an, deux (2) ans ou trois (3) ans. Bamako est tombé dans son propre piège et ne dispose plus beaucoup d’arguments face à la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (Cedeao) pour repousser éternellement l’organisation d’élections crédibles et transparentes consacrant la fin de la Transition. Tout ça pour ça, dira l’autre.

Espérons que le déplacement annoncé ce vendredi 31 décembre 2021 à Accra du chef de la diplomatie malienne, Abdoulaye Diop et du chef du Panel des hautes personnalités des ANR, Zeyni Moulaye parvient à ajourner l’entrée en vigueur des nouvelles sanctions contre le Mali, lesquelles sanctions affecteront le quotidien des citoyens maliens confrontés à la cherté de la vie. Un pari qui n’est pas gagné d’avance. Car, de la désignation d’un président civil au non respect du délai des 18 mois contenus dans la charte de la Transition, les Chefs de l’Etat de la Cedeao semblent avaler beaucoup de couleuvres de la part les Colonels de Bamako.

Dily Kane

Mali24

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