Front social : L’UNTM menace d’observer une grève de 72 heures à partir du 18 novembre prochain

Dans un préavis de grève en date du 02 novembre 2020 adressé au ministre du travail et de la fonction publique, porte-parole du gouvernement, l’Union nationale des travailleurs du Mali (UNTM), la première et la plus grande centrale syndicale du Mali, menace d’observer une grève de trois jours à partir du 18 novembre prochain. L’UNTM exige du Gouvernement, le règlement des droits des Compressés et des Partants Volontaires à la Retraite, l’octroi d’indemnités et de primes de spécificités par catégories à tous les fonctionnaires de façon équitable, l’application des mesures pour la réduction de la cherté de vie non respectée par les marchands, la relance du chemin de fer, l’ouverture de concours de recrutement de 20000 diplômés dans la Fonction Publique de l’Etat avant le 15 décembre 2020, l’intégration définitive des Enseignants communautaires dans la Fonction  Publique des collectivités, la restauration de la sécurité et de l’intégrité territoriale, la participation des syndicats et la mise en place du Conseil National de la Transition (CNT) avant le 15 novembre 2020. «Si les exigences ainsi formulées sont restées lettres mortes, le Bureau Exécutif engage à tous les démembrements à observer une grève de 72 heures allant du mercredi 18 novembre au vendredi 20 novembre 2020 sur toute l’étendue du territoire », révèle le préavis de grève de l’UNTM, dirigée par Yacouba Katilé.

Dans son préavis de grève, l’UNTM a exigé du gouvernement l’extinction de tous les accords signés de 2014 à 2020, et ce avant la fin de décembre 2020 au terme d’un chronogramme précis avant le 10 novembre 2020. Il s’agit notamment, pour 2014, le règlement des droits des Compressés et des Partants Volontaires à la Retraite, l’octroi à tout le secteur privé du bénéfice des acquis signés entre le Conseil National du Patronat du Mali (CNPM), le Gouvernement et l’UNTM sur les augmentations au terme d’un chronogramme de paiement précis au plus tard le 10 novembre 2020 ; la reprise immédiate des travaux de relecture des Conventions Collectives, suspendue, au plus tard fin novembre 2020. S’agissant des accords de 2019, l’UNTM exige l’octroi d’indemnités et de primes de spécificités par catégories à tous les fonctionnaires de façon équitable ; la fixation d’un chronogramme d’application immédiate pour répondre en la nécessité de restauration de l’égalité, de l’équité, de la non-discrimination (harmonisation des grilles); l’extension des nouveaux âges à la retraite à tous les travailleurs selon leur Statut et leur catégorie dans le public, ainsi que dans le privé, dans les Ambassades, et singulièrement dans celle des Etats-Unis, et des contractuels et Conventionnaires de l’Etat ; l’amélioration des grilles salariales à appliquer dans le secteur privé conformément aux pourcentages obtenus dans la nouvelle grille des fonctionnaires, avec comme date d’effet janvier 2021 ; l’application des mesures pour la réduction de la cherté de vie non respectée par les marchands, alors que les prix sont devenus érosifs pour les pouvoirs d’achat, meurtriers pour les démunis, les réfugiés; l’apport de l’assistance promise pour le fonctionnement de la SMTD (Société Malienne de Transmission et de Diffusion) au plus tard fin novembre 2020 ; l’éradication de la violation de la liberté syndicale dans les secteurs public, parapublic, privé, et de plus en plus dans les Ambassades (USA) par la prise des mesures vigoureuses de protection du droit syndical et des responsables syndicaux, au plus tard le 10 novembre 2020 ; l’utilisation de passerelles entre la Fonction publique qui a des problèmes d’effectifs et les collectivités à travers des initiatives facilitant ce transfert d’ici la fin du mois de novembre 2020 ; la suspension immédiate des activités des Bureaux de Placement devenus des entreprises antisyndicales, jusqu’à l’adoption ou la promulgation d’un nouveau Code du Travail et l’option pour des retraits d’autorisations de création de Bureaux pour les créateurs remarquables dans les malversations et les violations du droit syndical au dépens des travailleurs ; la relance du chemin de fer pour la nouvelle année (Janvier 2021); l’adoption d’une politique de recrutement massif des jeunes (Point 11 des Accords) non mise en œuvre de 2019 à 2020 ; l’ouverture de concours de recrutement de 20 000 diplômés dans la Fonction Publique de l’Etat avant le 15 décembre 2020.

L’UNTM n’écarte pas une grève illimitée

En outre, dans ses revendications, l’UNTM, rejette la relecture unilatérale du Code minier sans sa participation. Par ailleurs, l’UNTM exige l’adoption des textes corrigeant les difficultés et les insuffisances de la Loi n°2014-015 du 27 mai 2014, sur l’OCLEI (Office Central de Lutte contre l’Enrichissement Illicite). Aussi, la première centrale syndicale prône l’intégration définitive des Enseignants communautaires dans la Fonction  Publique des collectivités, la restauration de la sécurité et de l’intégrité territoriale. « L’UNTM en tout cas, n’aidera pas des fossoyeurs du pays. Le Conseil National de la Transition est un champ de bataille pour la prééminence dans la conception des textes du nouveau-Mali. Mais s’ils doivent être élaborés sans les syndicats, sans la société civile, bref sans les couches laborieuses véritables, que nul ne s’attende à une accalmie du front politique. C’est parce que notre choix d’épurer, de rénover fait peur, que l’on a feint de ne pas comprendre la démarche pour une dynamique nationale afin de surmonter les difficultés du pays. En tant que syndicat, l’UNTM veillera à la mise en place d’un pouvoir crédible. Cela passe par le Conseil National de la Transition, et malgré les menaces, ce Conseil doit voir le jour le plus tôt possible, ou la grève ainsi initiée continuera, en illimitée si besoin était. Le 15 novembre au plus tard, avec ou sans les calculateurs, le CNT devra être mis en place », souligne le préavis de grève signé par le secrétaire général de l’Union nationale des travailleurs du Mali (UNTM), Yacouba Katilé. A l’instar du CNT qui est attendu, ajoute l’UNTM, le Conseil Economique, Social et Culturel, une institution qui se caractérise par sa proximité à cette laborieuse population, tarde à être mis en place en violation de la Constitution du 25 février 1992. «Cette Institution à budget quasiment négligeable en comparaison aux autres institutions et à ses confrères des autres pays doit être installée courant novembre plus tard, conformément à la loi fondamentale, aux textes en vigueur et à son statut et Règlement Intérieur. Si les exigences ainsi formulées sont restées lettres mortes, le Bureau Exécutif engage à tous les démembrements à observer une grève de soixante-douze (72) heures allant du mercredi 18 novembre au vendredi 20 novembre 2020 sur toute l’étendue du territoire », révèle le préavis de grève de l’UNTM, dirigée par Yacouba Katilé.

Aguibou Sogodogo

Source: Le Républicain

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *