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Intégration dans la fonction publique et paiement des heures supplémentaires : le cri de cœur de ces enseignants vacataires de lycées ruraux qui attendent toujours

Depuis plusieurs années, des centaines d’enseignants vacataires assurent, dans les lycées ruraux du Mali, la continuité du service public de l’éducation. Recrutés pour combler le déficit d’enseignants titulaires, ils ont progressivement pris en charge des heures normales d’enseignement, au même titre que leurs collègues fonctionnaires.

Presque toutes les disciplines sont enseignées par les vacataires mais cela varie d’un établissement à un autre (établissement secondaire général, technique et professionnel). A part Bamako, presque tous les établissements régionaux sont concernés.

Ces enseignants tiennent à rappeler leur rôle réel dans les établissements. « Nous ne sommes pas des vacataires occasionnels. Nous assurons les heures normales d’enseignement. En dehors de certaines disciplines spécifiques comme les Mathématiques, la Biologie ou la Philosophie, la majorité des cours repose sur nous », expliquent-ils.

Au fil du temps, leur engagement s’est renforcé, malheureusement leur situation est restée inchangée. Celà s’explique par l’absence de statut stable, le retards de paiement et l’incertitudes permanentes. Malgré cela, ils ont continué à servir, souvent dans des conditions difficiles, avec l’espoir d’une régularisation. Et le grand manque se trouve dans les établissements ruraux.

Selon les informations, c’est en 2024 que leur combat connaît un tournant. À travers le Collectif des Enseignants vacataires du Mali, ces enseignants portent leur situation devant l’Espace d’Interpellation Démocratique (EID). Leur plaidoyer est entendu parce que le jury a recommandé clairement la régularisation de leur situation, aussi bien sur le plan administratif que financier.

Administrativement, il s’agit de leur intégration dans la fonction publique. Financièrement, la recommandation porte sur le paiement de leurs heures supplémentaires accumulées depuis plusieurs années. Cette décision avait suscité un immense espoir parmi les vacataires, convaincus que leur long combat est enfin sur le point d’aboutir.

Des arrêtés signés, mais aucun changement sur le terrain

Cependant, cet espoir va rapidement laisser place à la déception. À la rentrée scolaire 2025-2026, trois arrêtés sont signés par les autorités compétentes. Mais sur le terrain, les enseignants affirment n’avoir constaté aucune amélioration concrète. « Nous avons pensé que ces arrêtés allaient changer notre situation. Mais jusqu’à aujourd’hui, rien n’a bougé. Nous n’avons reçu ni intégration, ni paiement », dénonce le collectif, qui évoque un profond sentiment de désillusion.

Ces enseignants tiennent à rappeler leur rôle réel dans les établissements. « Nous ne sommes pas des vacataires occasionnels. Nous assurons les heures normales d’enseignement. En dehors de certaines disciplines spécifiques comme les Mathématiques, la Biologie ou la Philosophie, la majorité des cours repose sur nous », expliquent-ils

Selon leurs conventions, ils devraient percevoir régulièrement des heures supplémentaires. Mais dans les faits, ces paiements restent inexistants ou irréguliers.

Depuis 2016, la situation est restée quasiment figée. Le seul paiement enregistré remonte à 2019, avec le règlement d’un seul trimestre. Depuis lors, les arriérés continuent de s’accumuler.

En effet, le problème concerne les vacataires de lycées de plusieurs régions, notamment Bandiagara, Tombouctou, Sikasso, Koulikoro et une partie de Ségou. Dans ces zones, les enseignants vacataires constituent un maillon essentiel du système éducatif, souvent en première ligne face au manque d’enseignants titulaires.

Aujourd’hui, force est de constater le malaise grandissant dans de nombreux lycées ruraux. Face à cette situation, le collectif lance un appel solennel aux plus hautes autorités du pays, notamment au Président de la Transition, le Général d’armée Assimi Goïta, ainsi qu’au Premier ministre et au ministre de l’Économie et des Finances.

Ces enseignants, pour la plupart chefs de famille, affirment que cette situation « leur coupe le sommeil », tant les difficultés financières s’accumulent.

Ils demandent simplement l’application des recommandations issues de l’EID 2024, notamment leur intégration dans la fonction publique et le paiement de leurs droits.

Malgré leur lassitude, ces enseignants expliquent que leur démarche n’est pas une contestation contre l’État. Toutefois, ils reconnaissent les efforts en cours pour bâtir un Mali plus juste, mais estiment que leur situation mérite une attention urgente. « Ce que nous demandons n’est pas de la mer à boire. C’est une question de justice et de dignité », concluent-ils.

Coulibaly A

Mali24

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