Le colonel Ba Ag Mossa DIARRA, maure ou mort ?

« Le 10 novembre, en fin de journée, dans la région de Ménaka, au Mali, les forces armées françaises ont neutralisé Bâ Ag Mossa, chef militaire du Rassemblement pour la Victoire de l’Islam et des Musulmans (RVIM), groupe affilié à Al- Qaïda et l’un des principaux adjoints de son chef Iyad Ag Ghali ».
Florence « La Parlotte », ministre française des Armées, confirme, en ces termes, dans un communiqué intitulé « Florence Parly salue la neutralisation d’un haut cadre d’Al-Qaïda au Mali par les forces armées françaises.
Mais le colonel Bâ Ag Mossa est-il maure ? Ou mort ? Mort, comme Amadou Koufa ? Ou maure comme Iyad Ag Ghali ?
Deux chefs djihadistes, donnés pour morts par la même armée française ; mais qui se sont révélés plus vivants que « maure » ?

Une opération rondement menée

Tout a débuté, mardi 10 novembre, au crépuscule. Le pick-up à bord duquel se trouvait le chef militaire du GSIM était sous observation de deux drones de l’armée française. Il roulait à 140 km, au nord de Ménaka.
Vers 18 heures, quatre hélicoptères de la force Barkhane – deux de manœuvre et deux autres d’attaque – tentent de stopper le véhicule. Sans succès. S’en suit un échange de tirs nourris avec les occupants du véhicule, équipés de mitrailleuses. L’assaut est lancé. Le colonel Bâ Ag Mossa et ses compagnons sont neutralisés, c’est à dire tués.
Selon nos informations, les forces armées maliennes n’ont pas participé à cette opération. Mais, de sources françaises, elles en ont été informées.
Pour la ministre française des
Armées, cette opération est un succès. Car, dit-elle, elle « prive Iyad Ag Ghali de l’un de ses principaux adjoints ».

Bâ Ag Mossa Diarra, la machine de guerre d’ Iyad.

Le colonel Bâ Ag Mossa Diarra ou « Bamoussa Diarra » est né, dans les années 1970, à Tin-Essako, dans la région de Kidal où son père bambara et militaire, originaire de Fana, était en service, et d’une mère touareg.
Après une formation militaire en Libye, il participe à la rébellion touareg de 1990 à 1996. Avant d’intégrer les rangs de l’armée malienne.
Mais en 2006, il déserte les rangs pour rejoindre la rébellion touareg. Après la signature de l’Accord de paix, en 2006, il réintègre, de nouveau, l’armée malienne avec le grade de colonel. Il est nommé commandant des unités spéciales, chargées de combattre l’insécurité dans la région de Kidal.
En 2012, il déserte, de nouveau, l’armée malienne. Cette fois-ci, non pas pour rejoindre la rébellion touareg ; mais pour se rallier au MNLA.
Face à la méfiance de ses compagnons d’armes, il intègre le Groupe Ansar – Dine d’Iyad Ag Ghali. Puis, devient le principal chef militaire du GSIM. Et prend ainsi le nom de guerre « d’Abou charia ». C’était en 2017.

Une annonce sans preuve matérielle

Pour l’heure, la mort du colonel Bâ Ag Mossa n’a été ni confirmée, ni infirmée par Iyag Ag Ghali, le chef du GSIM.
Bien plus, aucune preuve matérielle n’est venue étayer la mort du chef militaire du GSIM. Doit-on croire Florence « La Parlotte » sur parole ?
En réalité, chaque fois que la présence de l’armée française au Mali ou sa capacité à vaincre le terrorisme est mise en doute, Barkhane tente de justifier la nécessité de sa présence sur notre sol à travers une opération contre les Groupes djihadistes. S’en suit une campagne médiatique qui ne dit pas son nom. Comme c’est le cas avec la mort du chef militaire du GSIM.
« Je félicite nos militaires pour ce succès… Leur engagement, leur courage et leur abnégation nous rendent forts et fiers », assure sans rassurer Florence « La Parlotte » dans un tweet.
Le nom de Bâ Ag Mossa est associé à plusieurs attaques de camps militaires au Nord et au Centre du pays. Avec, à la clé, des dizaines de morts, civils et militaires.
Mais l’annonce de sa mort n’a suscité ni joie, ni peine des Maliens. Convaincus qu’ils sont, que l’annonce, en fanfare, de la mort du colonel Bâ Ag Mossa n’est, ni plus, ni moins qu’une opération de communication visant à justifier la présence de l’armée française sur notre sol.
Tant que la France continue de soutenir les séparatistes touareg, qui représentent à peine 0,90 % de la population malienne, le sentiment anti-français gagnera du terrain.
Organisées, jeudi 29 octobre, à Kidal, par les manifestations contre la France, suite aux propos jugés offensants contre l’islam et les musulmans, en sont la parfaite illustration. Le drapeau français a été déchiré et brûlé. Et le départ de l’armée française réclamé par les populations. Qui n’en peuvent plus de vivre dans leur ville ou région, transformée en une « enclave française » placée sous la surveillance de Barkhane.

Oumar Babi

Source: Canard Déchainé

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