Le drame qu’inflige la crise énergétique au secteur de la santé s’amplifie inexorablement et s’étend de plus en plus aux régions jusqu’ici épargnées. C’est le cas de Ségou où les habitants ont désormais des raisons supplémentaires de ne pas souhaiter recourir aux structures de santé. La carence énergétique est passée par-là, malgré le branchement de la Cité des Balanzan au réseau sous-régional interconnecté. En effet, les patients des structures hospitalières souffrent un martyre bien au-delà des conditions pénibles ou approximatives de prise en charge auxquelles s’ajoute le poids des effroyables ordonnances kilométriques. En cas de malchance de ne s’en sortir que par intervention chirurgicale, c’est le comble : il revient au patient lui-même d’augmenter ses chances de survie en assurant sur ses propres économies le fonctionnement du plateau technique tributaire de l’électricité. Et pour cause : le serment d’Hippocrate ne fait nulle obligation aux médecins de mettre la main à la poche pour combler une faillite énergétique qui n’épargne même pas les morts. En cas de décès, les morgues de Ségou ne les acceptent que pour quelques heures au bout desquelles les cadavres sont condamnés à laisser la place à d’autres.
Le Témoin
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