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Les regrets et excuses de « Ben Le Cerveau » n’ont-ils pas suffi ?

L’une des figures les plus aiguisées de la Transition jusqu’à son arrestation en septembre 2023, le leader du mouvement souverainiste « Yerewolo Debout sur les

Remparts », Adama Diarra, dit « Ben Le Cerveau », a comparu la semaine dernière devant la Chambre criminelle de la Cour d’appel de Bamako. Après près de trois ans de détention, l’ancien parlementaire au Conseil national de Transition (CNT) répond à des chefs d’accusation de « menaces et injures commises par le biais d’un système d’information ». À la barre, Adama Diarra a reconnu l’authenticité de certains enregistrements audio versés au dossier, tout en contestant d’autres. Ces audios, réalisés à l’époque de la Transition conduite par Bah N’Daw, contiennent des propos injurieux et des menaces qui lui sont attribués. Tout en assumant une partie des faits qui lui sont reprochés, l’accusé a exprimé ses regrets et présenté ses excuses à la Cour, plaidant ainsi pour la clémence de la justice. Malgré ces déclarations de repentir, le ministère public est resté inflexible. Le parquet a requis une peine de dix ans de réclusion criminelle, soit le maximum prévu par la législation malienne pour des menaces proférées au moyen d’un système informatique.

Pour sa part, la défense a vivement contesté la recevabilité des éléments de preuve. Elle a notamment mis en doute les conditions dans lesquelles les enregistrements ont été obtenus, l’identité de leur auteur ainsi que leur intégrité technique, estimant que ces irrégularités sont de nature à fragiliser l’accusation. À l’issue des débats, la

Cour a mis l’affaire en délibéré. Et Adama Diarra a été fixé sur son sort le 3 août 2026. Et les « Yerewolo Debout sur les Remparts », qui se demandaient si les « regrets » et les « excuses » de leur « El Commandante » suffiraient à convaincre les juges de lui accorder une peine plus clémente, ont finalement été pris de court. Contre toute attente, la cour n’a pas tenu compte des regrets exprimés par Ben. Et si la peine prononcée est restée nettement inférieure à celle requise par le parquet, il a néanmoins écopé d’une condamnation de cinq ans d’emprisonnement, dont un an avec sursis. Après avoir déjà passé trois ans en détention préventive, il lui reste donc une année de prison ferme à purger, à moins qu’il ne bénéficie d’une grâce présidentielle.

Le Témoin

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