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Les soliloques d’Angèle : Pourquoi l’homme se désinvestit ?

Se désinvestir : Dans sa définition la plus simple c’est l’action de « cesser d’être motivé pour quelque chose, d’y attacher une valeur affective, de se donner tout entier à une activité ».

Dans nos vies personnelles, au travail ou dans la vie en société, le désengagement peut arriver bien plus souvent qu’on ne le pense. Un phénomène aux causes multiples, souvent silencieuses, mais aux conséquences bien réelles.

Une lassitude qui ne fait pas de bruit, une présence qui s’efface peu à peu, un engagement qui s’effiloche, sans fracas… Ce phénomène, c’est le désinvestissement progressif. Il touche toutes les sphères de nos vies : personnelle, professionnelle, économique et citoyenne. Mais pourquoi se retire-t-on ainsi, étape par étape, d’un projet, d’une relation ou d’un idéal ?

Sur le plan personnel, le désengagement peut prendre la forme d’une rupture silencieuse : on parle moins, on évite les discussions, on se détache. Ce retrait peut venir d’une perte d’intérêt, d’un changement de priorités, ou simplement de fatigue émotionnelle. « Avoir l’impression de donner sans jamais recevoir ».

Au travail, le phénomène est tout aussi courant. Le désengagement des salariés est aujourd’hui une réalité bien documentée. Manque de reconnaissance, tâches dévalorisantes, management autoritaire ou absence de perspectives alimentent ce désinvestissement discret mais massif. « Je fais ce qu’on me demande, pas plus. L’envie est partie depuis longtemps » des phrases que nous entendons par ci, par là.

Dans le monde économique, le désengagement prend une forme plus stratégique. Les entreprises et investisseurs se retirent progressivement de certains marchés, jugés trop risqués, peu rentables, moins attractifs, trop contraignants ou contraires à leurs orientations. Là, le retrait est souvent motivé par des impératifs financiers, éthiques ou géopolitiques. Ce retrait est bien souvent favorable à un autre marché, environnement.

Le désengagement touche aussi la sphère publique. Abstention croissante, baisse de l’intérêt pour les débats constructifs, méfiance envers les institutions, choix de l’expatriation : de nombreux citoyens décrochent. Pour certains, c’est une manière de protester ; pour d’autres, un simple signe de résignation.

Le désinvestissement progressif, loin d’être un abandon pur et simple, est souvent un signal d’alerte. Savoir décrypter ce qui ne va plus, pour réinventer des liens, des rôles et des projets qui font vraiment sens dans tous les aspects de nos vies ne peut qu’être bénéfique.

Parce que c’est Notre Mali.

Muriel Jules

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