A la une

Liberté de presse en lambeaux : près de 190 journalistes assassinés en deux ans selon un rapport de l’UNESCO

Informer est devenu un métier à haut risque. C’est le constat implacable et glaçant que dresse le dernier rapport de l’UNESCO, publié ce lundi 2 novembre 2026 : près de 190 journalistes ont été tués à travers le monde au cours des deux dernières années (période 2024-2025).

Un bilan macabre qui équivaut à la disparition d’un professionnel des médias tous les quatre jours, rappelant avec brutalité que la liberté d’informer se paie, trop souvent, au prix du sang. Au total, sur les 189 professionnels tués, 127 ont perdu la vie dans des pays en conflit.

Le constat est d’autant plus préoccupant que la géographie du danger s’est profondément transformée. Les guerres, redevenues le principal théâtre des meurtres de reporters, concentrent désormais 67 % des victimes, contre 43 % dans le précédent rapport.

L’État de Palestine arrive largement en tête de ce décompte, avec au moins 62 journalistes tués en deux ans, dont 32 en 2025. Le Mexique, le Yémen, le Soudan et l’Ukraine figurent également parmi les territoires les plus meurtriers. Les journalistes locaux, souvent les seuls à pouvoir documenter les violences lorsque les reporters étrangers ne peuvent accéder au terrain, représentent 90 % des victimes dans les pays en guerre.

Si les reportages de guerre restent les théâtres les plus meurtriers, la violence ne s’y limite pas. De nombreux journalistes tombent alors qu’ils enquêtent sur la corruption, le crime organisé, les atteintes aux droits humains ou les crises politiques locales. Loin des caméras internationales, des figures de la presse de proximité sont réduites au silence pour avoir simplement fait leur travail : dire la vérité au public.

Une évolution retient particulièrement l’attention de l’UNESCO : l’utilisation croissante des drones en situation de conflit. En 2024 et 2025, ces appareils auraient causé la mort de 50 journalistes dans six zones de conflit, soit 40 % des décès enregistrés dans les pays en guerre. Plus d’un journaliste tué sur quatre dans le monde l’a ainsi été par une frappe de drone.

La menace ne se limite pas non plus aux reportages en plein air. L’agence onusienne a recensé 36 journalistes tués dans des locaux de presse ou des installations provisoires servant de centres de reportage, dont neuf lors d’une seule et même attaque. Par ailleurs, une quinzaine d’entre eux auraient été tués alors qu’ils portaient un gilet de presse identifiable ou circulaient dans un véhicule clairement signalé.

Les femmes journalistes affrontent, quant à elles, des menaces spécifiques. Sur les 14 tuées en 2024-2025, 13 l’ont été dans des pays en conflit. Une enquête menée en 2025 révèle en outre que 75 % des femmes journalistes interrogées ont subi des violences en ligne. Parmi elles, la proportion déclarant avoir également subi des violences physiques à la suite de ce harcèlement a plus que doublé depuis 2021, atteignant 42 %.

Enfin, l’impunité demeure un fléau intolérable : dans 86 % des cas (soit près de neuf meurtres sur dix), personne n’est traduit en justice. Alors que les enquêtes judiciaires peinent à aboutir, ce rapport rappelle que l’impunité concernant les crimes commis contre les journalistes, qui avait connu de timides reculs, est à nouveau en hausse, laissant planer l’ombre de la résignation sur la profession.

Par : Mohamed Kanouté

Source : Mali24

Boîte de commentaires Facebook
coulibaly adama

Recent Posts

DISTINCTION INTERNATIONALE : MADANI DRAVÉ, DIRECTEUR GÉNÉRAL DE L’EDM-SA, SACRÉ MEILLEUR MANAGER AFRICAIN À KIGALI

Le leadership malien rayonne à l'échelle africaine. Madani Dravé, Directeur général de l’Énergie du Mali…

6 minutes ago

MIGRATION : LE MAROC A DÉJOUÉ PLUS DE 58 000 PASSAGES CLANDESTINS EN HUIT MOIS

Entre le 1ᵉʳ janvier et le 31 août 2026, les services de sécurité marocains ont…

16 minutes ago

Séparation réussie de deux fillettes siamoises : 18 héros  du CHU Gabriel Touré décorés

Dix-huit médailles d’honneur pour graver un exploit chirurgical dans la mémoire républicaine. C'est le geste…

18 minutes ago

BURKINA FASO : un chef du GSIM neutralisé dans le Sourou

La traque des chefs de groupes armés se poursuit au Burkina Faso. Après Sangaré Barry,…

45 minutes ago

FOOTBALL : Jesús de Miguel Alameda est décédé à la suite d’un choc à 30 ans

L’attaquant du CD Tenerife a succombé à un arrêt cardiorespiratoire après un violent choc à…

2 heures ago