L’insalubrité à Bamako pendant l’hivernage : Un casse-tête pour les populations

Pendant l’hivernage, l’incivisme atteint son paroxysme à Bamako. Les citoyens profitent de la coulée des eaux pour déverser des ordures dans les caniveaux. Les eaux de ruissellement trainent des amas d’ordures qui viennent échouer dans ces caniveaux, les bouchant du même coup. De telles pratiques de la part de ces citoyens sont à la base de plusieurs maladies pendant l’hivernage.

Comme d’habitude, en période d’hivernage, l’insalubrité dans la ville de Bamako, un phénomène déjà très préoccupant, s’aggrave. En effet, à cette période, dans les rues et presque partout, on peut facilement observer des déchets de toutes natures, y compris des sachets d’eaux, lambeaux de vieux boubous, restes  de médicaments traditionnels jusqu’au beau milieu des routes. La plupart de ces déchets finissent généralement leur course dans les caniveaux où ils viennent s’ajouter à d’autres déchets solides empêchant l’eau de suivre son chemin.

 Selon les témoignages  de certaines personnes, quand l’hivernage s’approche, leur peur augmente, car cela provoque beaucoup de saletés dans la ville, et ces saletés sont la cause de beaucoup de maladies. « Bien que souvent nous cherchions et priions même pour qu’il pleuve à cause de la chaleur, tout est bon dans une certaine limite. Quand la pluie est abondante, les gens en profitent pour salir notre propre ville. Ce qui nous rend malade. Nous devons profiter de la pluie pour rendre notre ville plus propre et saine », indique une vieille dame. Pour d’autres, la pluie ne devrait pas être aussi forte et abondante, car elle cause beaucoup de dégâts. Elle a détruit plusieurs maisons de gens pauvres qui n’ont maintenant nulle part où aller, car elle a non seulement emporté leurs toits, mais aussi leurs affaires, habits, armoires, chaussures,… A tout ceci, s’ajoutent les  déchets jetés par les citoyens qui augmentent l’état d’insalubrité de notre ville. Les rues et les ruelles sont dégradées et les caniveaux sont particulièrement obstrués, toutes choses qui font de Bamako une ville très salle. Aux alentours du marcher de Hamdallaye par exemple, quand il pleut, on ne peut même pas entrer dans le marcher à cause des eaux souillées et des déchets de partout. Cet endroit qui doit être propre et protégé pour notre santé est impénétrable après la pluie. Selon commerçant, rencontré au marché de Hamdallaye, il est très difficile voire même impossible de maintenir la propreté des lieux parce qu’il y aura toujours des gens qui ne vont pas respecter l’environnement. « A quoi bon de se fatiguer à entretenir seul un endroit que les autres vont salir ? », interroge-t-il.

Le  gouvernement et les responsables communaux prétendent prendre les dispositions nécessaires pour rendre la ville plus propre. Mais, leurs efforts sont rendus vains par le comportement de certaines personnes qui transforment les caniveaux et collecteurs en véritables dépotoirs d’ordures, ce qui cause des inondations en cas de forte pluie. Selon les dires de Gaoussou Koné,  bénévole à la mairie d’Hamdallaye, nous sommes tous l’Etat, si chacun mettait sa main dans la patte au lieu de toujours accuser le gouvernement « la mairie », notre ville serait vraiment propre, car le gouvernement ne peut pas tout faire.

Mamadou Mariko, contrôleur d’assainissement, ajoute : « Nous n’avons pas de matériels pour ramasser les ordures, il n’y pas de ben à ordures à plus forte raison de carburant pour les conduire à la forêt. Donc on les ramasse pour les mettre dans un  dépotoir. Malgré tout, cela ne sert à rien, car dès qu’il pleut, on voit des ordures partout même sur les routes qui salissent ainsi tout ce que nous avions nettoyé. Il serait mieux que la mairie du district cherche et donne les matériaux nécessaires. Ainsi, nous aussi pourrions faire correctement notre travail. » 

A cause des flaques d’eaux usées, des déchets, des rues boueuses, les gens parviennent à se déplacer très difficilement, surtout dans certains quartiers de Bamako. On ne peut même plus se rendre au grand marché, car il y a beaucoup des risques d’attraper  des maladies pendant la saison pluvieuse. Bien que ce soit la période propice pour les activités agricoles dans le pays, on assiste à des situations dramatiques. L’intérieur et les alentours des hôpitaux ne sont pas épargnés par le comportement néfaste de certains citoyens. Une ville insalubre est sources de maladies, dont le paludisme, la diarrhée ou le choléra. Cette situation ne favorise en aucun cas la santé encore moins le tourisme.

Il faut vite une solution et les Maliens, plus précisément les Bamakois, doivent se rendre compte que l’insalubrité impacte négativement sur leur santé d’abord, ensuite sur l’économie, le tourisme et la prospérité de tout le Mali. 

                        Zeinabou Doumbia, stagiaire   

le républicain

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