La situation au Mali devient de plus en plus préoccupante. La crise du carburant plonge le pays dans une paralysie quasi totale : des files d’attente interminables devant les stations-service, des populations exténuées, des rues désertes, des commerces et des bureaux fermés. Se déplacer est désormais un luxe, car le carburant est devenu une denrée rare et précieuse.
À cette crise s’ajoute une situation énergétique tout aussi critique : les Maliens ne disposent parfois que de six à sept heures d’électricité par jour. Cette double crise met à rude épreuve la résilience d’un peuple déjà fragilisé, qui observe avec inquiétude l’avenir de son pays.
Derrière ces difficultés se cache une réalité encore plus alarmante : la dégradation persistante de la situation sécuritaire. Les groupes terroristes ont modifié leur stratégie, s’attaquant désormais à l’économie nationale. En coupant les routes d’approvisionnement et en incendiant des usines ou des camions-citernes, ils asphyxient progressivement le pays. Les enlèvements et les meurtres de civils et d’étrangers se multiplient, notamment sur les axes Ségou et Kayes, accentuant le sentiment d’insécurité.
Les autorités, conscientes du risque d’effondrement économique, ont déployé des dispositifs sécuritaires pour assurer la circulation du carburant. Mais malgré ces efforts, les longues files devant les stations ne faiblissent pas. Dans ce contexte tendu, certaines ambassades, notamment celles des États-Unis et de l’Allemagne, ont demandé à leurs ressortissants de quitter le pays. Une décision interprétée par plusieurs médias occidentaux comme le signe avant-coureur d’un effondrement du Mali.
Face à cette situation critique, l’heure n’est plus à la division ni aux calculs politiques. Il est urgent de rassembler tous les fils et filles du pays autour d’un dialogue sincère, loin des égos et des intérêts personnels. Le Mali regorge de compétences, de sages et de patriotes capables d’apporter des solutions durables.
Le terrorisme, devenu en partie local, implique désormais des Maliens qu’il faut tenter de ramener à la raison par la parole. Pour cela, il faut impliquer toutes les forces vives : acteurs politiques, leaders religieux, société civile, mais aussi envisager la libération de certains prisonniers politiques et activistes afin de créer un climat propice à la réconciliation.
Seul un dialogue national inclusif peut éviter le pire et rouvrir le chemin d’un Mali uni, souverain et respecté dans le concert des nations. Le pays est à un tournant décisif : choisir le repli et la méfiance, ou oser la main tendue pour sauver la nation.
Modibo.Fofana
Mali24
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