Le 14 février 2023 – 14 février 2025. Bientôt deux ans, jour pour jour, Mamadou Awuah et deux de ses collègues – Abdramane Soumaoro et Makan Djimé Sissoko – ont miraculeusement disparu entre le Niger et Gao, une zone en proie à des incursions des groupes terroristes affiliés au JNIM et à l’EIGS. Les proches de ces agents de la société Matrans transit-logistique, alors partenaire de la force Barkhane, restent sans nouvelles d’eux. Etrangement, à ce jour, aucun ravisseur n’est entré en contact avec leurs familles respectives pour réclamer une rançon, tel qu’il est d’usage dans les cas de prise d’otage.
Après plusieurs mois d’angoisse et d’attente intenables, la famille de Mamadou Awuah a décidé, pour sa part, de briser le silence et de dénoncer l’opacité et l’absence de volonté de l’administration de Matrans. C’est, d’abord, sa sœur, Nakani Kéita, qui, au cours d’une conférence de presse le 6 juin 2024, a tiré la sonnette d’alarme et sollicité l’implication des plus hautes autorités ainsi que des bonnes volontés pour retrouver son frère et ses collègues disparus. Cest, ensuite, sa mère, Farima Coulibaly, qui a adressé une lettre aux autorités de la Transition, notamment le président de la Transition et celui du Conseil national de Transition ainsi que les ministres en charge respectivement de l’Administration du territoire, de la Défense, de la Sécurité, de la Justice et des Droits de l’Homme.
Selon le contenu de la missive en date du 12 juin 2024, l’administration de Matrans S.A persiste à soutenir que les intéressés n’ont donné aucun signe de vie depuis leur disparition en rejoignant Ménaka à partir de Niamey. Seulement voilà : Farima Coulibaly, cette mère abonnée aux insomnies depuis 2 ans, reproche à la société Matrans de n’avoir entrepris la moindre action pour retrouver ses agents, ni donné un indice quelconque quant à sa volonté de les retrouver.
L’expéditrice de la lettre adressée aux autorités de la Transition s’étonne en outre de la lenteur de l’employeur ayant consisté à attendre plusieurs mois et les pressions de la famille «pour qu’une cellule chargée de les retrouver voire négocier leur libération soit officiellement installée». Quoique ladite cellule n’ait d’ailleurs obtenu le moindre résultat probant, Mme Farima Coulibaly continue de se nourrir d’optimisme que son fils est en vie, même si elle est sans nouvelle de lui. Elle sollicite par conséquent l’implication des plus hautes autorités pour la soulager de ses épreuves qui n’ont que trop duré.
Intriguée de l’absence de la moindre réaction de leur part, la famille Awuah se demande encore si toutefois leurs lettres parviennent à destination. Elle reconnaît cependant avoir été contactée, suite à une précédente correspondance, par le cabinet du président de la Transition et pris bonne note des conseils de ne pas trop communiquer sur le sujet. Depuis, l’émissaire de Koulouba n’a plus fait signe. Qui est cette Mme Diakité Fatoumata Kéita qui prétend travailler à Koulouba ?
La seule bonne nouvelle, a-t-on appris de bonnes sources, est que la justice malienne a ouvert une enquête. Des témoins, notamment les travailleurs de Matrans transit-logistique, auraient même été entendus.
A suivre, donc
A Kéïta
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