« Présumé coupable, ma part de vérité » : Les révélations effroyables du Général Yamoussa Camara

Avec plus de 37 ans d’exercice du métier des armes, Yamoussa Camara est un officier supérieur qui a fait ses preuves sur le terrain. Grand intellectuel, géomancien de taille, humble, très discret et véridique, il a été enfermé plus de sept(7) ans dans l’affaire dite des bérets rouges « pour complicité d’enlèvement, séquestration et assassinats de 21 bérets rouges ». Il a eu la malchance d’être à l’époque ministre de la Défense quand les bérets rouges ont tenté de faire un contre coup d’Etat contre Amadou Haya Sanogo et acolytes. La suite on la connait. L’affaire a été éteinte sans jugement en application de la loi d’entente nationale. Blessé dans son honneur et sa dignité, Yamoussa lave son affront en publiant un ouvrage intitulé ‘’ Présumée coupable, ma part de vérité ».

‘’ Présumé coupable, ma part de vérité’’ dont les échos défraient la chronique sur la toile a un intérêt historique puisqu’il y a  beaucoup de tractations pour que le dossier ne soit pas jugé. Connu pour son franc-parler, Yamoussa Camara fustige en grande partie « les montages, machinations et mensonges grotesques » de Soumeylou Boubèye Maïga qui, selon lui, est l’acteur principal de son arrestation. Il a également tiré à boulets rouges sur IBK, Dioncounda, Didier Dakouo, feu Sada Samaké, etc. Yamoussa donne des informations effrayantes sur le coin de la gestion piteuse de l’impitoyable premier IBK.

Le général Camara révèle beaucoup d’éléments sur l’état de notre “démocratie”, son fonctionnement, sa justice sous la pression permanente des « Princes » du jour, son armée, comment les pressions étrangères peuvent donner naissance à des décisions politiques qui fissurent profondément le tissu social, et surtout la presse (comment elle peut se contenter des bribes de communiqués pour salir à jamais un citoyen). Il ne parle pas beaucoup des journalistes, mais les mots sont justes et décrivent malheureusement assez bien une corporation qui a rarement joué son rôle d’éclairer les citoyens sur certains dossiers majeurs. Il donne également la liste de ceux qui ont dissimulé les noms des bérets rouges tués à Kati : Gal. Ibrahim Fané, Général Oumar Ndao, Col.Ladji Moussa Kéita, Général Didier Dakouo.

A en croire le Général Camara, si la loi est égale pour tous et qu’il y a eu une réelle velléité de dissimuler des disparus à travers les listes de déploiement, les coupables sont pour sûr « le commandant RCP, son chef hiérarchique, le CEM, l’actuel CEMP (sous-chef chargé des opérations au moment des faits), le sous-chef Administration et le commandant du théâtre d’opération ». « Il suffit de les interroger », indique-t-il. Avant de poursuivre : «  C’est eux qui ont établi et / ou manipulé la fameuse liste et recevaient les droits. Ils n’ont jamais été inquiétés. C’est bien là la clé de l’épais mystère qui pèse sur le dossier et qui utilise le déroulé du procès. Lors de la mise en scène de Sikasso, la liste fut remise au Parquet pour comparaison immédiate. Ce fut l’une des causes du blocage. La Cour ne franchira pas les limites. Boubèye ne le souhaite pas. Le président IBK lui-même n’en voudra pas. Qui ose soutenir encore que nul n’est au-dessus de la loi? Je n’ai signé aucun document en rapport avec la liste de déploiement dont il est question.

En plus, les chefs hiérarchiques qui gèrent au quotidien les effectifs n’ont à aucun moment signalé de cas de disparition. De mon propre chef et sur la foi des rumeurs, j’ai désespérément besoin d’obtenir quelques pots-de-vin d’informations. L’affaire avait été suffisamment verrouillée. Elle ne fut ébruitée que le 30 avril 2013 à la suite de querelles intestines, bien après la fin de la transition. J’étais en déplacement à l’extérieur du pays. Sans indices, sans charge, sans aucune preuve et dans l’indifférence générale, j’endosse depuis des années, le «ni-ni», n’être ni jugé ni innocenté: un statut honteux et liberticide imposé par les maîtres du jour. »

En effet, il ressort de cet ouvrage que Yamoussa Camara, un officier supérieur rigoureux et patriote, a été tout simplement victime des « enjeux de pouvoir » dont le seul crime est d’avoir accompli en toute loyauté et dignité sa mission à lui confiée par l’ancien président déchu IBK qui s’est révélé être le n°1 des derniers : « Je fus pris au piège d’une machination diabolique », écrit-il.  Selon le journaliste écrivain Bakary Camara, ce livre est un témoignage poignant presque pathétique devant l’histoire, une clé pour comprendre et analyser les combines souterraines et viles de cette monstrueuse cabale orchestrée par des personnages répugnants et guidés par des instincts immoraux.

Tientigui

Le Democrate

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