Selon plusieurs sources concordantes, en effet, les concitoyens maliens de l’extérieur ne sont plus les seuls pour qui sonne le glas de la fuite massive des investissements. Le rapatriement de leurs revenus générés à l’étranger, à en croire les mêmes sources, connaît de plus en plus des destinations différentes du bercail, à défaut d’être conservés dans le pays d’accueil. La situation sécuritaire et l’instabilité institutionnelle sont passées par-là et les destinations les plus prisées ne sont pas les pays avec lesquels le Mali entretient les meilleurs rapports de voisinage. Ça n’est pas sur les pays membre de l’espace AES que pleuvraient les capitaux des Maliens vivant à l’étranger, mais plutôt le Sénégal et davantage encore la Côte d’Ivoire, deux pays qui se disputent en même temps les investissements de la plupart des opérateurs locaux contraints par le péril sécuritaire à l’expatriation de leurs fortunes. En plus d’offrir de meilleures garanties et assurances aux potentiels investisseurs, les deux têtes de pont de la CEDEAO francophone et de l’UEMOA présentent également les meilleures opportunités pour fructifier leurs mises. Par ailleurs, la Côte d’Ivoire héberge à elle seule plus de 3 millions de Maliens dont les revenus pourraient constituer un manque à gagner substantiel sur les 700 milliards de francs CFA annuellement injectés dans les circuits économiques maliens par l’ensemble des 6 millions de compatriotes vivant à l’étranger.
Le Témoin
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