Qu’est-il devenu Mohamed Cheick Tabouré ? le guérillero des temps modernes…

Mais que devient Mohamed Cheick Tabouré (dont les intimes appellent prosaïquement Momo) qui a dédié toute sa vie à la lutte pour l’affranchissement de la classe exploitée du joug de la bourgeoisie nationale politico-affairiste et compradore. Nous avons cherché à savoir.Formé au Parti malien de Travail (PMT) crée en 1958 comme démembrement du Parti Africain de l’Indépendance (PAI) autour des valeurs de la gauche révolutionnaire, Mohamed Cheick Tabouré, est sans nul doute l’une des plus grandes figures de la scène politique nationale. Idéologiquement mature, politiquement aguerri, l’homme est connu pour ses prises de position remarquable et tranchante sur les questions nationales et internationales. Ce fils de cadre de la régie du chemin de fer du Mali dont les parents ont été expulsés de Dakar après l’éclatement de la Fédération du Mali en août 1960, a, pour ses convictions politiques révolutionnaires subi toutes sortes d’épreuves et de brimades. La première se déroula au Sénégal où il s’est fait expulsé de l’Université de Dakar en faveur de la mémorable grève estudiantine de mai 1968. La deuxième épreuve se passa en France, sur laquelle il bénéficia d’une bourse d’études. Etudiant à l’université de Poitiers de 1968 à 1970, il perd l’avantage de la bourse suite à l’occupation de l’ambassade du Mali à Paris par ses camarades et lui pour protester contre les agissements du régime militaire du général Moussa Traoré. Face à cette épreuve, loin de sombrer dans le désespoir, Tabouré fait recours à la musique qu’il a apprise à l’orchestre Askia Jazz du lycée Askia Mohamed (son lycée) pour payer ses études et survivre. Parallèlement, cet animal politique s’engagea dans diverses organisations politiques syndicales et sociales telles que le Comité de Défense des libertés démocratiques au Mali (CDLDM), Comité international de Défense des ouvriers africains (CIDOA). Le militant qu’il est se bat à la fois tant pour la défense des ouvriers, des immigrés sans papiers, contre les expulsions arbitraires que pour l’union libre des peuples libres.Son intransigeance sur ses convictions politiques patriotiques, le poussa à claquer les portes du Parti Malien du Travail ( PMT) suite à l’entrée de celui-ci dans le Gouvernement du général Moussa Traoré de 1978 à 1980 (qu’il considéra comme un acte opportuniste de trahison) pour lancer avec ses camarades de France, un groupe et un journal d’opinion ‘’Sur la voie du Bolchevisme‘’(SVB)’’. De l’extérieur, ce patriote géant joua un rôle majeur dans la longue et glorieuse bataille qui a abouti à la révolution démocratique et populaire du 26 mars 1991.Tout au long de son parcours militant, il s’est dédié corps et âme pour la transformation profonde des structures politiques, économiques, sociales et culturelles de notre pays. Partout où il est passé, il a fait montre d’une grande capacité d’organisation, de leadership démocratique, d’esprit d’écoute, de synthèse et de tribun hors-pair contre le néocolonialisme et ses politiques de privatisations sauvage ou pour soutenir les exploitants agricoles dépossédées de leurs terres au profit des barons de l’agro-business ( grandes firmes internationales) .A la faveur des événements du 26 mars 1991 (dont il est un acteur incontestable), il retourne de nouveau au bercail en 1996, s’oppose au régime du président Alpha Oumar Konaré au sein du Collectif des partis politiques de l’opposition (COPPO) et celui d’Amadou Toumani Touré. A la tête d’un groupe politique ayant comme organe de presse le journal ‘’Sanfin (La nuée) créé en 1984 en France pour soutenir le mouvement ouvrier et populaire, cet homme d’action a pris part à toutes les luttes sociales, politiques et syndicales pour soutenir les ouvriers de la régie de chemin de fer du Mali, les partants volontaires à la retraite, des ouvriers de Morila, les victimes de démolition, la bataille du collectif ’’ Touche pas à Ma Constitution’’. Secrétaire à la communication du Mouvement Populaire du 22 mars (MP 22) porte parole de la Coordination des Organisations Patriotiques du Mali (COPAM), il a soutenu le coup d’Etat du 22 mars 2012 pour ’’ débarrasser le Mali et sa démocratie de la gangrène des généraux capitulards et de l’élite politique corrompue qui ont le pays à la faillite et vers sa partition pour une dynamique de rupture’’.Cet engagement militant intense conduira à son arrestation pour deux mois d’emprisonnement ferme au cours d’une manifestation du Mouvement Populaire du 22 mars (MP 22) pour trouble à l’ordre public.Aujourd’hui, l’homme est victime d’une infâme maladie (accident cardio vasculaire) depuis 2016, qui a réduit ses capacités de mobilité. Du haut de ses 73 ans, puisqu’il est de 1948, notre guérillero, qui avait pour slogan bien avant la chute du CMLN UDPM ‘’’le multipartisme oui mais sans Moussa, sans l’Union Démocratique du Peuple Malien, sans les impérialistes mais dirigés contre eux’ou encore’’’Fere Ka tigné, Fere Djougou Ka tignè‘’ que la concession du chemin de fer soit annulé pour sa renationalisation ‘’ ! est actuellement sous traitement médical. Laissant dans la nostalgie, des Maliens et des Maliennes, auditeurs du Front de Gauche Sanfin ni Kayira (une émission hebdomadaire dans laquelle il donnait ses analyses lumineuses sur la situation nationale et internationale).

Alpha Sidiki Sangaré

Source: Le Challenger

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