Dans un contexte où les maladies d’origine alimentaire représentent un défi majeur pour la santé publique et le développement socio-économique, le Mali accueille un atelier de renforcement des capacités en sécurité sanitaire des aliments. Organisé par l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO), cet atelier s’inscrit dans le cadre du projet sous régional GCP/SFW/517/LUX, financé par le Grand-Duché de Luxembourg, qui vise à améliorer la qualité sanitaire de l’alimentation de rue au Mali, au Burkina Faso et au Sénégal.
Lancé ce mardi dans les locaux de l’Agence Nationale de Sécurité Sanitaire des Aliments, l’atelier se poursuivra jusqu’au 27 mars 2025. Tout est parti des estimations de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) en 2015, qui révèlent qu’au niveau mondial, presque une personne sur 10 tombe malade chaque année à cause des maladies d’origine alimentaire entraînant 420 000 décès par an dont un tiers au niveau de la petite enfance (enfants de moins de 5 ans).
En Afrique, ajoutent les estimations, plus de 91 millions de personnes tombent malades chaque année, entraînant 137 000 décès soit un tiers de la mortalité mondiale due aux maladies d’origine alimentaire. Plus graves encore, les maladies diarrhéiques sont responsables de 70% de ces maladies d’origine alimentaire (OMS, 2015).
C’est pourquoi le Représentant de l’Institut national de la Santé publique (INSP), Boureyma Belem, se réjoui de cet atelier qui intervient à point nommé en raison de son objectif qui vise à renforcer les capacités techniques et scientifiques des acteurs impliqués dans la surveillance et la gestion des risques alimentaires. En identifiant et en priorisant les dangers d’origine alimentaire, il dira qu’il s’agit d’améliorer la sécurité sanitaire des denrées alimentaires et de prévenir les maladies liées à leur consommation.
Selon M. Karim Bah, Chef du bureau de la FAO au Mali, les systèmes de sécurité sanitaire des aliments sont confrontés à de nombreux défis dans la sous-région. Les maladies d’origine alimentaire sont fréquentes et ont des répercussions sur les systèmes de santé déjà fragiles, tout en impactant négativement le commerce et le tourisme. Assurer la qualité des aliments est donc une nécessité pour protéger les consommateurs et favoriser un développement durable.
Face à ces enjeux, il dira que la FAO s’est fixé l’objectif ambitieux d’éliminer la faim tout en garantissant des aliments sûrs à toutes les étapes de la chaîne alimentaire. Cet engagement se traduit par une collaboration étroite avec les gouvernements, les partenaires techniques et financiers, ainsi que les industries locales.
La mise en place de ce projet a bénéficié d’un soutien financier conséquent du Luxembourg, qui a investi près de 3,5 millions d’euros (soit 2,3 milliards de francs CFA) dans la région. Mme Fouquet, Cheffe de coopération de l’Ambassade du Luxembourg au Mali, a souligné que cet engagement traduit une volonté de soutenir la sécurité alimentaire en Afrique de l’Ouest, en collaboration avec plusieurs institutions, dont LuxDev et le Programme Alimentaire Mondial.
Coulibaly A
Mali24
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