Retrait de la Minusma: Que cache le coup de gueule de l’Officier sénégalais ?

Les déclarations de l’officier sénégalais, prononcées en langue Wolof et s’adressant à ses compatriotes contingents, témoignent de son ras-le-bol. Il exprime clairement que les contingents sénégalais ne sont pas disposés à être maltraités, tout en soulignant que les Maliens créent des difficultés. Il affirme également que les Sénégalais ne manquent pas de caractère et que les Maliens ne sont pas plus courageux qu’eux. Selon lui, les Maliens peuvent les empêcher d’accomplir leurs missions, mais ils refusent d’être considérés comme de simples jouets.

La MINUSMA, qui dénonce régulièrement les entraves aux déplacements de ses casques bleus, regrette les propos tenus par l’officier sénégalais basé à Sévaré. Elle se dissocie de ces déclarations et souligne que cela ne reflète en rien sa position. Cette déclaration de la MINUSMA suscite des questionnements, notamment en ce qui concerne les rémunérations des contingents onusiens.

De nombreux Maliens, et plus largement des Africains, estiment que la MINUSMA a été l’un des pires échecs des missions de maintien de la paix des Nations Unies dans le domaine de la sécurité. Après près de dix ans de présence, la MINUSMA n’a pas réussi à stabiliser le Mali et demeure l’une des missions onusiennes les plus meurtrières de l’histoire, avec 174 morts depuis 2013.

Cette situation soulève des questions concernant l’impact du retrait de la MINUSMA sur la présence des forces de défense et de sécurité maliennes, ainsi que sur les personnels civils maliens évoluant dans d’autres pays à travers des missions onusiennes telles que la MONUNISCO et la MUNISCA. De plus, on se demande si le gouvernement malien a prévu des dispositions pour les nombreux Maliens qui se retrouveront au chômage forcé.

Bien que l’amélioration de la sécurité des personnes et de leurs biens soit indéniable grâce à la montée en puissance des forces de défense et de sécurité, il est important de rappeler aux autorités maliennes que le chômage, facteur de multiples maux sociaux, peut compromettre ce qui a été construit en matière de sécurité physique au fil des années.

Ousmane FOFANA

Source: Mali24.info

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