À l’occasion de la Journée mondiale de la santé mentale, célébrée du 15 au 19 octobre, les professionnels de la santé et leurs partenaires ont plaidé pour une meilleure prise en charge des troubles psychiques. Lors d’une conférence de presse organisée lundi, au CHU du Point G, ils ont appelé à une mobilisation, à un financement adapté et à une participation effective des personnes concernées aux décisions qui les touchent.
La santé mentale mérite une place centrale dans les politiques publiques. C’est le message porté par les acteurs du secteur à l’occasion de l’édition 2026 de la Journée mondiale de la santé mentale. Réunis dans le cadre d’une conférence de presse organisée au Centre hospitalier universitaire (CHU) du Point G, les intervenants ont souligné l’urgence de renforcer la prévention, d’améliorer l’accès aux soins et de mobiliser davantage de ressources humaines et financières pour répondre aux besoins des populations.
Placée sous le thème international « Écouter l’expérience vécue : de vraies voix pour un vrai changement », cette édition met l’accent sur une approche plus inclusive de la santé mentale. Il ne s’agit plus seulement de parler des personnes vivant avec des troubles psychiques, mais aussi de leur donner la parole, de prendre en compte leurs expériences et de les associer aux décisions concernant leur prise en charge.
Briser les préjugés et renforcer la prévention
La santé mentale demeure un enjeu majeur de santé publique. Pourtant, les troubles psychiques sont encore entourés de préjugés qui contribuent à isoler les personnes concernées et leurs familles. Face à cette réalité, les professionnels de la santé appellent à intensifier les campagnes d’information et de sensibilisation afin de favoriser une meilleure compréhension de ces troubles et d’encourager le recours précoce aux soins.
Lors de la rencontre avec les médias, le directeur général adjoint du CHU du Point G a insisté sur l’importance de sensibiliser les populations à cette problématique qui concerne toutes les catégories sociales. La prévention, notamment auprès des jeunes, constitue un axe essentiel de cette démarche. Les comportements à risque, en particulier la consommation de stupéfiants et d’autres substances psychoactives, appellent une attention particulière.
L’objectif est de promouvoir des comportements responsables, de mieux faire connaître les signes de souffrance psychique et d’encourager les familles à solliciter l’accompagnement des professionnels de santé lorsque cela est nécessaire.
Au-delà de la prévention, la lutte contre la stigmatisation reste indispensable. Une personne confrontée à un trouble psychique doit pouvoir bénéficier d’une écoute attentive, d’un accompagnement digne et de soins appropriés, sans être victime de rejet ou de discrimination.
Pour le Dr Souleymane Papa Coulibaly, responsable du service psychiatrique du Point G, pas de santé sans santé mentale ». Cette conviction rappelle que le bien-être psychique est indissociable de la santé globale et doit être pleinement intégré dans les politiques sanitaires.
Malgré les efforts consentis dans le domaine de la santé, plusieurs difficultés continuent de limiter la réponse aux besoins des populations. L’insuffisance du personnel spécialisé, le nombre limité de structures adaptées et les contraintes financières constituent autant d’obstacles à une prise en charge efficace.
Pour relever ces défis, les intervenants estiment nécessaire de renforcer les capacités des professionnels, d’améliorer l’accès aux services spécialisés et de mieux intégrer la santé mentale dans les soins de santé courants.
L’expérience des personnes concernées doit également être davantage valorisée. Leurs témoignages permettent de mieux comprendre les difficultés liées à l’accès aux soins, au suivi des traitements et à l’accompagnement social. Leur participation peut ainsi contribuer à adapter les services aux réalités vécues et à rendre les dispositifs de prise en charge plus humains et plus efficaces.
Le financement, une priorité incontournable
La sensibilisation ne peut, à elle seule, résoudre les difficultés du secteur. Pour améliorer durablement la prise en charge des troubles psychiques, des investissements sont nécessaires dans les ressources humaines, les infrastructures, les équipements, la prévention et l’accompagnement des patients.
La question du financement a donc occupé une place importante dans les échanges. Les acteurs plaident pour une ligne budgétaire spécifiquement consacrée à la santé mentale, clairement identifiée et suffisamment dotée. Une telle mesure permettrait de mieux planifier les interventions et de soutenir durablement les services destinés aux personnes concernées.
Cette mobilisation financière requiert l’engagement des pouvoirs publics, mais également la contribution des partenaires techniques et financiers, des organisations humanitaires, des associations et de la société civile.
La coordination entre ces différents acteurs apparaît tout aussi essentielle. En unissant leurs compétences et leurs moyens, ils pourraient renforcer les actions de prévention, améliorer l’accès aux soins et mieux accompagner les personnes les plus vulnérables.
Respect des traitements et accompagnement des patients
De son côté, Sory Ibrahim Coulibaly, a insisté sur l’importance du respect des prescriptions médicales. La prise régulière des médicaments conformément aux recommandations des professionnels de santé, ainsi que le suivi médical, constituent des éléments importants de la prise en charge.
Cet accompagnement ne repose toutefois pas uniquement sur les structures sanitaires. Les familles, les associations et les communautés jouent également un rôle essentiel dans le soutien aux patients, la continuité des soins et la prévention de l’exclusion.
Une prise en charge responsable suppose ainsi un dialogue permanent entre les patients, leurs proches et les soignants. Elle nécessite aussi de créer un environnement favorable à la confiance, dans lequel les personnes concernées peuvent exprimer leurs difficultés sans crainte d’être jugées.
Coulibaly A
Mali24.info
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