Terrorisme : Les obstacles de la judiciarisation de la lutte contre le terrorisme au Sahel au cœur d’un colloque régional

Timbuktu Institute « African Center for Peace Studies » a organisé le mercredi, 30 juin 2021 en collaboration avec le Programme pour la promotion de l’Etat de droit en Afrique subsaharienne de la Fondation Konrad Adenauer, un colloque régional sur « la judiciarisation de la lutte contre le terrorisme au Sahel : défis et limites » premier du genre dans la sous-région.

La cérémonie d’ouverture était placée sous la présidence de Mamoudou Kassogué, ministre de la Justice et des Droits de L’homme, Garde des Sceaux. Il avait  ses côtés Dr. Bakary Sambe, Directeur de Timbuktu Institute, M. Ingo Badoreck, Directeur de la Fondation Konrad Adenauer en présence des experts venus du Niger, du Sénégal, de la Mauritanie, du Burkina Faso et du Mali.

Pour le Directeur du Timbuktu Institute dont le Bureau Mali & Sahel a été inauguré en mars dernier à Bamako, « l’objectif de ce colloque régional est de créer un cadre d’échanges pour exposer et comprendre les véritables défis et limites qui freinent les efforts de judiciarisation de la lutte contre le terrorisme dans la perspective d’une meilleure harmonisation des cadres légaux et des stratégies prenant en compte aussi bien les impératifs sécuritaires que le respect des droits humains ».

Pour le Directeur de la Fondation Konrad Adenauer, la lutte contre le terrorisme est généralement axée sur la répression presque partout à travers le monde au détriment de la prévention et du jugement des auteurs auprès des cours et tribunaux.

Selon le rapport sur la problématique du respect des normes internationales des droits de l’homme dans le cadre de la lutte contre le terrorisme au Mali de l’Institut d’études et de sécurité « il y’a une prévalence de l’approche militaire dans le contexte de lutte contre le terrorisme ». Les organisations de défense des droits de l’Homme comme Amnesty International ont également dénoncé « d’atteintes aux droits humains, des exactions perpétrées par des groupes armés et des groupes djihadistes » dans le nord du pays, que l’État burkinabé s’est engagé à élucider, explique M. Ingo Badoreck.

Dans le discours d’ouverture des travaux, le ministre Kassogué a fait savoir que la thématique qui est abordée par ce colloque est d’une importance et d’une pertinence que nul ne saurait mettre en doute, pour diverses raisons. ‘’Malgré les conséquences dramatiques et particulièrement douloureuses du terrorisme pour les populations, les Etats ne sauraient méconnaitre les règles élémentaires de respect des droits de l’Homme et de droits humanitaires dans le cadre des réponses militaires qui s’avèrent indispensables’’, a ajouté le ministre de la Justice et des Droits de L’homme, Garde des Sceaux.

Par ailleurs, il a fait un plaidoyer, sans détours, sur l’un des points essentiels pour la judiciarisation de la lutte contre le terrorisme. Il s’agit de la coopération judiciaire internationale. Si la lutte contre le phénomène, à l’échelle d’un Etat, a des limites, poursuit M. Kassogué, en termes de moyens d’actions et de barrières frontalières, celle pouvant être engagée à l’échelle de deux ou plusieurs Etats nécessite une coopération dont les formes de manifestation évoluent au gré des intérêts, souvent en violation des règles découlant de conventions internationales.

Bréhima DIALLO

Source: 22 Septembre

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