« Un pays où l’on aime pas se dire la vérité est condamné à vivre dans l’illusion ».

Le drame Afghan doit être pour le malien un rappel à la vérité que l’on ne peut compter sur l’aide internationale pour construire un pays. Nous devons en tirer les conséquences et repenser la nature de notre Etat qui, pour l’instant n’a fait qu’engendrer des conflits, qui sans réponses courageuses et intelligentes, renaitrons à chaque génération.Notre pays qui fait 40 fois la taille du Rwanda ne peut être administré de façon aussi centralisée. Le pays le plus puissant du monde les Etats-Unis, est fédéral. Le pays le plus puissant d’Afrique, le Nigéria est fédéral. Le pays le plus puissant d’Europe, l’Allemagne, est fédéral. La Russie et l’Inde sont des Etats fédéraux comme l’est de facto la Chine. Comme le sont la Suisse, la Belgique ou la Grande Bretagne.Alors de quoi a t-on peur ? Il ne s’agit pas de donner plus de liberté à Kidal, mais à tout le Mali. Chacun sait que le Haut Conseil des Collectivités et les Conseils Régionaux sont impotents et décoratifs, là où le Gouverneur est le dépositaire de l’autorité de l’État. L’élection des gouverneurs et la mise en place d’exécutifs locaux permet de légitimer la gestion des régions et rendre responsable devant le peuple. Le Général Moussa Traoré l’avait envisagé mais juste pour les touaregs, alors que la mesure doit être générale.Les Accord d’Alger sont mauvais et inéquitables et furent signé par un Mali affaibli par une défaite honteuse. Ces accords impliquent l’inégalité entre les citoyens d’un même pays. Pourquoi continuer à les utiliser comme cadre de discussion ? Arrêtons de répéter les mêmes erreurs 20 fois.La mission de la transition n’est pas de satisfaire les revendications, mais bien d’organiser des élections pour que le Mali reparte d’un bon pieds et que l’équipe à venir puisse répondre aux exigences de développement.Mais pour cela, il faut d’abord un Etat cohérent, une refonte du système de gouvernance qui passe nécessairement par la régionalisation ou, n’ayons pas peur des mots, le fédéralisme. Alors, plutôt que de bricoler et rafistoler, telle devrait être la mission de la transition.Nous conviendrons alors que cela est mission impossible d’ici février 2022. Dés lors assumons de prolonger la transitions jusqu’en septembre 2022, cela est largement suffisant pour une équipe qui aspire à introduire la vertu et l’exemplarité au cœur de la gouvernance de l’Etat. Vouloir rester plus longtemps serait avouer que l’on a d’autres objectifs que le Mali.Si l’équipe de transition réussi cela, elle aura une grande place dans l’histoire du Mali, dans le cas contraire, elle repartira comme une anecdote insignifiante de l’histoire de notre pays. Dieu veille.

Madani Tall

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