Mali : La Cour Constitutionnelle rejette les indemnités extravagantes des membres du CNT

Le Conseil National de Transition, organe législatif, a secrètement adopté la loi organique N°2023-058/CNT-RM fixant les avantages, indemnités et autres traitements de ses membres. Cependant, la Cour Constitutionnelle a rejeté cette décision, la jugeant injustifiée et irrégulière.

Selon la Cour Constitutionnelle, les articles 4, 5 et 6 de la loi, qui prévoient une multitude d’indemnités et d’avantages pour les membres du CNT, sont incomplets et ne respectent pas la Constitution. De plus, la Cour souligne que ladite loi ne précise pas le montant de ces indemnités, laissant au Président du CNT le soin de le déterminer par un acte règlementaire.

Cette initiative du Conseil National de Transition suscite l’indignation au sein de l’opinion nationale, où les réactions fusent de toutes parts. Nombre de Maliens estiment que ce n’est pas le moment opportun pour le CNT de chercher à accroître ses dépenses, compte tenu de la situation du pays marquée par une crise économique sans précédent.

L’ancien Premier Ministre Moussa Mara, également président d’honneur du parti Yèlèma, félicite la Cour Constitutionnelle pour avoir joué son rôle et l’encourage à continuer dans cette voie de l’indépendance de la justice, pierre angulaire de la démocratie. « C’est grâce à la décision de la Cour Constitutionnelle que nous avons appris l’existence de cette loi votée par le CNT, en secret et à l’unanimité de ses membres », ajoute-t-il.

Pour Moussa Mara, il est affligeant de constater que le CNT, dans un contexte de difficultés économiques, énergétiques, sécuritaires, etc., semble plus préoccupé par la rémunération de ses membres que par le contrôle de l’action du gouvernement et l’exercice de la pression nécessaire pour répondre aux attentes des citoyens.

Toutefois, il enjoint le CNT à rendre public le prochain débat sur ce texte et surtout à profiter de cette occasion pour réduire de manière significative l’ensemble des avantages perçus par ses membres. Dans le contexte actuel, la diminution des avantages des membres du CNT devrait être d’au moins 70 %.

« Cet arrêt met en lumière l’avidité de certains, qui cherchent à s’enrichir davantage alors que le peuple souffre. Douze indemnités plus un salaire ! Dans la sous-région, certains renoncent à leurs salaires pour servir l’intérêt public. Ici, les 1 500 000 FCFA ne suffisent plus, on en veut davantage et sans même en informer le peuple. Sacrifiez-vous ! Nous nous en portons bien ! », rétorque le Dr Mahamadou Konaté, dit Amine, homme politique.

Le Dr Konaté estime que les membres de l’organe législatif devraient même renoncer à certaines indemnités pour exprimer leur solidarité envers un peuple qui souffre des conséquences de leurs choix politiques.

« Dans un contexte où chaque citoyen malien est appelé à faire des sacrifices, il est inacceptable que ceux qui sont censés représenter et servir le peuple se servent eux-mêmes. J’exige une transparence totale et une révision immédiate de ces pratiques. La justice et l’équité doivent prévaloir pour restaurer la confiance du peuple malien dans ses institutions. Le Mali mérite des leaders qui placent l’intérêt national au-dessus de tout », réagit Niakoro, également connu sous le nom de Yeah Samaké, ancien Ambassadeur et président du Parti pour l’Action Civique et Patriotique (PACP).

Coulibaly A.
Mali24″

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