Entre Nous : Bamako sous…pression !

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A l’unanimité, le Conseil de sécurité de l’ONU a adopté le 31 août dernier, la Résolution 2649 (2022). Laquelle reconduit les sanctions énoncées par la Résolution 2374 (2017) concernant le Mali «jusqu’au 31 août 2023». Elle proroge aussi « jusqu’au 30 septembre 2023 le mandat du Groupe d’experts».

Les personnes visées par ces sanctions sont : Mohamed Ousmane Ag Mohamedoune, Ahmoudou Ag Asriw, Mahamadou Ag Rhissa, Mohamed Ould Mataly, de Mahri Sidi Amar Ben Daha (Yoro Ould Daha), de Mohamed Ben Ahmed Mahri (Rougi), de Houka Houka Ag Alhousseini et d’Ahmed Ag Albachar. Qui sont –elles, ces personnes ?

Ancien membre du Mouvement national pour la libération de l’Azawad (Mnla) et de la Coalition du peuple de l’Azawad (CPA), Mohamed Ousmane Ag Mohamedoune est actuellement au Conseil national de transition (Cnt). Il est l’un des soutiens de taille des autorités actuelles et préside l’Alliance pour la refondation du Mali (AREMA), un mouvement créé suite à des divergences au sein du Corema.

Mohamed Ould Mataly est ancien député de Bourem dans la région de Gao. Figure emblématique du mouvement arabe de l’Azawad (Maa), il est aujourd’hui Conseiller spécial du Président du CNT.

Yoro Ould Daha était, jusqu’à son assassinat, le 9 février 2020 à Tamkoutat, près de Gao, l’un des chefs militaires du Maa. Ancien membre de la police islamique de Gao lors de l’occupation de cette ville par des groupes liés à Al-Qaïda en 2012, il était adjoint du commandant du Mécanisme opérationnel de coordination (MOC).

Ancien juge au tribunal islamique de Tombouctou pendant l’occupation en 2012, Houka Houka vit dans son village, Ariaw (commune d’Essakane, cercle de Goundam, région de Tombouctou. «Je travaille tous les jours pour la paix dans ma localité, en réconciliant les communautés, en rendant justice et en enseignant aux élèves de mon village. Je demande aux enquêteurs de l’ONU de s’informer au niveau des autorités locales et régionales avant d’établir leurs rapports, parce que, dans le Nord du Mali, il y a beaucoup de règlements de comptes personnels… », confiait-il à Jeune Afrique en septembre 2019.

Au-delà de ces sanctions, le Conseil de Sécurité a réaffirmé son attachement à l’Accord pour la paix et la réconciliation issu du processus d’Alger. Dans la Résolution, le Conseil de sécurité réaffirme que «l’Organisation des Nations Unies, l’Union africaine, la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et les autres partenaires internationaux restent fermement attachés à l’application de l’Accord ». Le Conseil de Sécurité exprime de nouveau « sa vive impatience face aux retards persistants pris par les parties dans l’application de l’Accord dans son ensemble, lesquels contribuent à créer un vide politique et sécuritaire qui compromet la stabilité et le développement du Mali ».

Manifestement sous une vive pression de la communauté internationale, Bamako tente d’impulser une nouvelle dynamique à la mise en œuvre de l’Accord issu du processus d’Alger. La tenue, le 2 septembre dernier de la 6ème  session ministérielle du comité de suivi de l’accord  s’inscrit dans ce cadre. Le gouvernement ne dispose pas des ressources nécessaires pour mobiliser un front populaire indispensable à la renégociation de l’Accord pour la paix et la réconciliation et doit néanmoins donner des gages de sa bonne foi. Or, pour l’heure, les marges de manœuvres de Colonel Assimi Goïta et de son équipe sont très étroites.

Dans ses différentes interventions, l’anthropologue français André Bourgeot insiste que l’Accord pour la paix et la réconciliation n’a jamais été discuté à l’Assemblée nationale. Ce qui n’est que pure vérité. Car cela explique en partie lié aux difficultés de mise en œuvre du document. «…Sur le plan juridique, quelle est sa légitimité, sa légalité ? », s’interroge le chercheur.

Par Chiaka Doumbia

Le challenger

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