L’altermondialiste Aminata Dramane Traoré: «Le kidnapping du Président Maduro est l’illustration parfaite du terrorisme d’Etat »
Militante altermondialiste, l’ancienne ministre Aminata Dramane Traoré a fait cette déclaration, dont nous nous proposons des extraits, au cours d’une conférence de presse qu’elle a animée, le mercredi 7 janvier 2026 à l’Ambassade du Venezuela à Bamako sur les événements survenus à Caracas.
Nous sommes, comme tout Vénézuélien, sous le choc du kidnapping du Président Maduro et de son épouse. C’est l’illustration parfaite du terrorisme d’Etat et personne n’aurait imaginé que cela pouvait arriver. Mais il est arrivé à un pays que j’ai eu le privilège de visiter et de rencontrer son président d’alors, Hugo Chavez. Une anecdote : un jour je suis arrivée en retard à Caracas et Hugo Chavez m’a dit : « Aminata, chante-moi une chanson ». Puisqu’il organisait des émissions où il chantait lui-même, je me suis exécutée avec une chanson de notre terroir intitulée ‘’Sasila Banba’’. Ainsi chantai-je : il a rampé sur moi le gros caïman, qu’ai-je fait ? Rien ! Mais il a rampé sur moi, le gros caïman a rampé sur moi. « Alors que dit cette chanson ? », m’a-t-il demandé. C’est l’illustration des rapports de forces, ai-je répondu. FMI, Banque mondiale, Usa, Otan constituent une sorte de ‘’Sasila banba’’ pour le reste du monde, nous avons affaire à des prédateurs. Ce qui s’est passé traduit le comportement d’un président décomplexé, arrogant, qui n’a peur de rien, « je suis le roi du monde, je fais ce que je veux. D’ailleurs, le Vénézuéla n’est pas suffisant, il y a Groenland, Cuba et tout le reste. Le monde nous appartient ». Cependant, tout cela s’inscrit dans un environnement mondial où les peuples du Sud global ont pris conscience qu’ils ne sont pas pauvres. Le Vénézuéla est victime de ses richesses en pétrole, ce pays béni est situé malheureusement à un endroit où il n’a jamais été en sécurité en raison de l’importance de ses ressources en pétrole. Les choses ne seront plus faciles, parce que la nouvelle économie, les voitures électriques, tout ce qui est envisagé dans le cadre des mutations en cours va nécessiter toujours plus de ressources énergétiques. Donc nous allons assister à des comportements de ce genre de la part de ceux qui pensent qu’ils sont supérieurs aux autres, c’est le racisme qui se cache derrière tout cela. Je l’ai toujours dit : le capitalisme est prédateur, égoïste et raciste parce qu’on s’empare des richesses d’autrui. Et c’est ce qu’ils font depuis des décennies. Dans certaines régions mêmes des USA, à Miami, par exemple, les richissimes vénézuéliens étaient chez eux. Mais il y avait deux Vénézuéla : celui des possédants et celui des dépossédés. Aujourd’hui, ici, nous avons engagé ce combat avec la Confédération de l’Alliance des Etats du Sahel (AES).
Des comptes à rendre à son peuple
Quand je dis que la visite du Vénézuéla et la rencontre de Chavez dans le cadre du mouvement altermondialiste m’ont marquée, c’est que nous avons compris qu’un autre monde, qu’une autre Afrique, ou un autre Mali est possible. Là-bas nous avons défilé en disant qu’un autre Vénézuéla est possible avec des Vénézuéliens qui peuvent disposer enfin des richesses dont la nature les a dotés. Aujourd’hui, je le dis encore nous sommes Vénézuéliens car nous traversons la même épreuve, nous nous posons les mêmes questions. Mais je crois que Trump ne va pas emporter ce combat parce qu’il a des comptes à rendre à son peuple. Attendons de voir la fin de cette histoire, je crois que le temps donnera raison aux peuples dépossédés qui ne veulent plus se laisser écraser.
Propos transcris par Broulaye Koné
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