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Les monnaies les plus faibles au monde : les raisons !!!

Après un article consacré au dinar koweïtien (KWD), considéré comme la monnaie la plus forte au monde, plusieurs de nos lecteurs nous ont sollicités afin de mieux comprendre les dynamiques qui entourent également les monnaies les plus faibles au monde.
Après un parcours des différents écrits sur le sujet, nous avons dégagé une liste des monnaies les plus faibles au monde à l’heure actuelle, avec leurs taux de change approximatifs, étant donné l’existence de plusieurs canaux de conversion pour ces devises.

Il s’agit notamment du riyal iranien (IRR), de la livre libanaise (LBP), du kip laotien (LAK), du dong vietnamien (VND) et du franc guinéen (GNF).
En début d’année 2026 :
Un dollar américain équivalait à environ 1 150 000 riyals iraniens ;
Un dollar américain s’échangeait contre 89 500 livres libanaises ;
Un dollar américain était égal à 21 478 kips laotiens (LAK) ;
Un dollar américain se convertissait à 28 000 dongs vietnamiens (VND) ;
Un dollar américain correspondait à 8 700 francs guinéens (GNF).

Les taux de change cités ci-dessus sont donnés à titre indicatif et peuvent varier selon qu’il s’agisse du marché officiel, du marché parallèle ou du système bancaire.
Cela étant, il importe d’intégrer dans l’analyse que le monde est de plus en plus globalisé et globalisant, notamment depuis le développement des TIC et la dollarisation du pétrole saoudien.
La vente du pétrole par le plus grand pays producteur au monde en devise américaine fait du dollar, de facto, la monnaie de transaction internationale, même s’il n’existe pas de monnaie mondiale unique.

Il convient de retenir que le royaume d’Arabie saoudite produit environ 10 millions de barils par jour, soit près de 10 % de la production mondiale.
Ce développement met en exergue le rôle central du dollar américain en tant que devise de référence, notamment pour les besoins d’importation.
Pour importer, il faut se débarrasser de sa monnaie locale et acquérir du dollar ou de l’euro. Dès lors, la monnaie cesse d’être neutre, contrairement à ce que soutenaient les libéraux classiques et néoclassiques.

De plus en plus, la quatrième fonction de la monnaie, longtemps contestée, celle d’instrument de politique économique cristallise les débats tant sociaux qu’économiques.
Après ce tour d’horizon des principes de base, et compte tenu d’une géopolitique actuelle intimement liée à la question monétaire, revenons aux raisons qui peuvent rendre une monnaie faible.

La littérature économique retient cinq raisons fondamentales : l’hyperinflation, la mauvaise gestion économique, l’instabilité politique, la dépendance aux importations et les sanctions internationales (isolement économique).
1. L’hyperinflation
L’inflation est une érosion de la valeur de la monnaie. Elle affaiblit le pouvoir d’achat de la population et touche particulièrement les ménages à faible revenu. Lorsqu’elle n’est pas maîtrisée, elle entraîne des conséquences néfastes pour l’économie.

Dans le cas de l’Iran, le taux d’inflation oscille entre 30 % et 50 % par an, alors que le consensus international situe un seuil acceptable en dessous de deux chiffres. Ce taux varie selon les pays et les zones monétaires. Par exemple, dans l’UEMOA, le seuil est inférieur à 3 %, tandis que les critères de convergence de la future monnaie de la CEDEAO fixent un plafond de 5 %.
2. La mauvaise gestion économique
Une gestion saine et transparente constitue un facteur d’attraction des investisseurs internationaux et de rétention des capitaux nationaux.

Cependant, lorsque l’État monétise ses dettes en imprimant de la monnaie sans respecter les règles de l’offre monétaire, la confiance s’effrite. La planche à billets et un déficit budgétaire chronique altèrent fortement la valeur d’une monnaie.
3. L’instabilité politique
Comme le dit l’adage, l’argent n’aime pas le bruit. Les tensions politiques rendent l’avenir incertain. Face à ces risques, les opérateurs économiques préfèrent retirer leurs capitaux et les réinvestir dans des pays plus stables.
4. La dépendance aux importations
En économie, l’importation est considérée comme une fuite de richesse. Lorsqu’un pays ne parvient pas à satisfaire sa demande intérieure par la production nationale, il doit importer pour combler le déficit. Or, importer nécessite des devises étrangères, ce qui implique de céder la monnaie locale et entraîne une perte de sa valeur faciale.

5. Les sanctions internationales
De nos jours, les sanctions internationales constituent l’une des causes les plus fréquentes et les plus connues de la dépréciation d’une monnaie. Le cas de l’Iran est emblématique.
Si certaines des raisons précédentes sont peu visibles en Iran, le pays fait toutefois face à de lourdes sanctions économiques et financières imposées par les pays occidentaux, qui dominent l’économie mondiale.

L’Iran est soumis depuis longtemps à des sanctions cumulées de l’ONU, des États-Unis, de l’Union européenne, du Canada, du Royaume-Uni, entre autres.
Des centaines de personnalités et d’entités sont ciblées, isolant le pays du reste du monde. Parmi les conséquences les plus visibles figurent la restriction d’accès au dollar, la limitation de l’utilisation du système SWIFT, le gel des avoirs extérieurs et l’interdiction d’acheter le pétrole iranien et même de commercer avec elle.

Dr Laya Amadou GUINDO, Maître de Conférences.

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