Entre Nous : Tel un cancer
Transparency International publie, ce mardi 10 février 2026, l’Indice annuel de Perception de la Corruption (IPC). Très attendu, ce document fournit les scores et classements mis à jour de 182 pays. Il analyse les principales tendances mondiales sur la perception de la corruption dans le secteur public. Il cite aussi des exemples régionaux et nationaux et fait des recommandations d’experts sur la manière de contrôler les risques de corruption.
Selon, Daniel Eriksson, son ancien directeur général « la corruption aggrave l’injustice sociale et affecte de manière disproportionnée les plus vulnérables. Dans de nombreux pays, les victimes de la corruption se heurtent encore à des obstacles qui les empêchent d’obtenir justice. Il est temps de faire tomber ces obstacles et de faire en sorte que les gens puissent accéder à la justice de manière efficace. Tout le monde mérite un système juridique équitable et inclusif au sein duquel la voix des victimes est entendue à chaque étape ».
La corruption affecte de nombreux pays avec des conséquences néfastes sur leur développement. Des milliards de nos francs échappent chaque année au Trésor public. Ce qui n’est pas sans impact sur la fourniture du service public. Chaque franc détourné empêche la construction de salles de classe, de centres de santé ou la réalisation d’infrastructures routières. Chaque franc détourné prive les populations de soins de santé de qualité. Chaque franc détourné empêche les populations d’avoir accès à l’eau potable ou à l’électricité. Chaque franc détourné altère la capacité de l’Etat à défendre l’intégrité territoriale et à sécuriser les populations et leurs biens.
Le Mali comme d’autres pays africains reste très touché par ce cancer. Malgré l’adoption des lois, l’existence des structures de contrôle et d’une société civile dynamique, les dénonciations de la presse, le phénomène prend des proportions inquiétantes.
S’il y a trente ou vingt ans, ils prenaient de l’argent liquide dans les caisses, ils passent aujourd’hui par des méthodes plus subtiles. Ils se cachent derrière des sociétés ou des tierces personnes pour pomper les fonds publics à travers l’octroi des marchés publics. Il est difficile de détecter ces méthodes sophistiquées de surfacturation dans la gestion de la commande publique. L’extrême gravité de la situation exige une prise de conscience collective. Il faut imposer l’exemplarité dans la conduite des affaires publiques. Les dirigeants doivent être exemplaires par leur gestion vertueuse. L’exemplarité exige la redevabilité.
Une lutte implacable et en toute transparence s’impose contre la corruption. Une lutte véritable ne s’accommode pas avec les règlements de comptes, l’application sélective de la loi dans le cadre des poursuites, l’instrumentalisation des institutions dans la lutte contre la corruption. La roue de l’histoire tourne. Respectons et faisons respecter la légalité !
Par Chiaka Doumbia
Le challenger
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