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Entre Nous : Former contre la désinformation

«La lutte contre la désinformation n’est pas une lutte contre la liberté d’expression. Elle est, au contraire, un combat pour le droit fondamental des citoyens à une information juste, vérifiée et responsable. Elle est aussi un combat pour la paix, la cohésion sociale et la stabilité », déclarait le Président du Comité de Pilotage de la Maison de la Presse, Bandiougou Danté, le 19 janvier 2026, au Palais de Koulouba, lors de la cérémonie de présentation de vœux de la Presse au Président de la Transition.

En avril 2024, le Centre d’études stratégiques de l’Afrique a effectué un travail sur la « cartographie de la vague de désinformation en Afrique ». Selon ses constats, « les campagnes de désinformation visant à manipuler les systèmes d’information africains ont presque quadruplé depuis 2022, entraînant des conséquences déstabilisantes et antidémocratiques ». Il constate également que « les acteurs qui mènent des attaques de désinformation sophistiquées contre les écosystèmes médiatiques africains profitent de l’expansion rapide de la portée et de l’accessibilité des communications numériques pour remodeler les systèmes d’information du continent à des échelles et à des vitesses que les plates-formes analogiques traditionnelles ne permettent pas d’atteindre ».  « L’ampleur de la désinformation est étroitement liée à l’instabilité. Les campagnes de désinformation ont été directement à l’origine de violences meurtrières, ont encouragé et validé des coups d’État militaires, ont réduit les membres de la société civile au silence et ont servi de paravent à la corruption et à l’exploitation. Cela a eu des conséquences concrètes sur les droits, les libertés et la sécurité des Africains », explique l’étude, laquelle avance des statistiques très intéressantes. « Cet assaut d’obscurcissements délibérés intervient alors que 300 millions d’Africains ont rejoint dans les médias sociaux au cours des sept dernières années. Le continent compte aujourd’hui plus de 400 millions d’utilisateurs actifs de médias sociaux et 600 millions d’internautes. Les Africains qui sont en ligne s’appuient sur les plates-formes de médias sociaux pour consommer des informations, et ce à un taux parmi les plus élevés au monde ».

Nul n’ignore aujourd’hui l’impact négatif des fakenews à travers le monde. Du lancement des premières attaques lâches et barbares des traitres du Mouvement national de libération de l’Azawad (Mnla) en janvier 2012 contre les positions de l’Armée malienne aux événements d’aout 2020,  la diffusion des fausses informations a été un facteur d’aggravation de la situation d’instabilité qui frappe le Mali. Le contexte actuel du Sahel en général et du Mali en particulier demeure un terrain propice pour la désinformation devenue une véritable arme. Chaque acteur, qu’il soit étatique ou non, essaie de marquer son terrain dans une guerre informationnelle dont le but ultime est de gagner la bataille de l’opinion. Les populations sont aspergées de campagnes menées par des officines secrètes, lesquelles exploitent à fond l’industrie de fakenews.   Le montage et la diffusion des fausses informations sont devenus très lucratifs au point qu’il est difficile de combattre un tel danger. Malgré tout, il est impérieux de lutter contre la désinformation pour la survie des Etats mais aussi de la démocratie. Les géants de l’internet, propriétaires de plateformes digitales, sont appelés à s’engager même si ce serait se bercer d’illusions de voir ‘’les moustiques fabriquer des solutions de protection contre les insectes, tels que les moustiquaires, les répulsifs, etc. La plus grande responsabilité revient à l’Etat à travers une politique ambitieuse d’éducation aux médias afin de former une conscience populaire. Les dynamiques enclenchées par certaines organisations de la Société civile à l’endroit de la jeunesse doivent être amplifiées au Mali.

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