Sougouni Koura en flammes : quand l’anarchie du marché complique le combat des pompiers
À quelques jours du mois de Ramadan, c’est une véritable scène d’émoi et de désolation qui s’est abattue sur le marché Dossolo communément appelé Soukouninkoura depuis la nuit d’hier dimanche 15 à ce lundi 16 février 2026. Peu après 23 heures, un violent incendie s’est déclaré dans la zone du marché des motos, plongeant Bamako dans l’émoi.
Selon plusieurs témoins, tout serait parti d’un fil électrique défectueux qui aurait embrasé une caisse avant que les flammes ne se propagent à une vitesse fulgurante. En quelques minutes, les étals de motos, pneus et pièces détachées ont été avalés par le feu. Des hangars entiers sont partis en fumée sous les cris et l’impuissance des commerçants.
Alertés, les éléments de la Protection civile se sont rapidement rendus sur les lieux. Mais sur place, une autre bataille les attendait, celle de l’accès.
Allées étroites, occupations anarchiques, constructions précaires entassées les unes contre les autres… L’organisation désordonnée du marché a considérablement ralenti l’intervention des secours. Les camions ont peiné à pénétrer à l’intérieur du site, contraignant les soldats du feu à déployer de longs tuyaux à travers un véritable labyrinthe d’étals et de hangars.
Dans certaines zones presque inaccessibles, les flammes ont gagné du terrain avant même que l’eau ne puisse les atteindre. Cette anarchie, longtemps tolérée, a révélé ses lourdes conséquences en pleine urgence.
Au lever du jour, le constat est amer. Plusieurs commerçants ont vu leur outil de travail réduit en cendres. « Nous avons tout perdu », confient certains, le moral brisé. Motos neuves, pneus, autres stocks de marchandises comme les friperies, les dégâts matériels s’annoncent colossaux.
Heureusement, aucune perte en vie humaine n’a été signalée pour l’instant. Mais l’impact économique et social s’annonce dramatique pour de nombreuses familles qui dépendaient exclusivement de ces activités.
Une enquête devra déterminer avec précision l’origine du sinistre. Mais au-delà des causes techniques, une question s’impose, à savoir combien d’autres drames faudra-t-il pour repenser l’organisation de nos marchés ?
Sans réorganisation, sans respect des normes de sécurité et sans voies d’accès dégagées pour les secours, les marchés de Bamako restent des bombes à retardement.
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