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Incendie au marché Soukouninkoura : « En essayant d’évacuer le reste de mes marchandises, on a volé ma moto… », nous confie un jeune commerçant

L’incendie du marché de Dossolo, communément appelé Soukouninkoura, n’a pas seulement ravagé des étals et des boutiques. Il a réduit en cendres des rêves et laissé derrière lui une fumée noire qui étouffe encore les cœurs.

Parmi les sinistrés, un jeune commerçant de friperie dont nous tairons le nom, erre au bord du goudron, tête baissée, démarche lourde, comme si ses pas traînaient les braises encore chaudes de son malheur. Lui qui faisait la navette entre Bamako et les zones d’orpaillage pour réunir de quoi investir dans ses balles de friperie, se retrouve aujourd’hui les mains vides… et le cœur en cendres.

Quand le feu ne laisse que des cendres et les voleurs des cicatrices. « Je ne sais plus à quel saint me vouer, mais Dieu est grand », murmure-t-il, la gorge serrée. Tout est parti en fumée. Ses marchandises réduites en cendres, ses économies consumées par les flammes et son courage mis à rude épreuve.

Il ne lui restait qu’une petite partie d’une balle de friperie sauvée in extremis, un maigre rescapé d’un brasier impitoyable. Mais le drame ne s’est pas arrêté là. Dans les coulisses de la catastrophe, pendant que certains tentaient d’arracher leurs biens aux flammes, d’autres guettaient dans l’ombre. Car là où les victimes couraient pour sauver le peu qu’il leur restait, des mains invisibles fouillent, arrachent, disparaissent.

« En essayant de récupérer mes marchandises, un voleur sans foi ni loi a volé ma moto », lâche-t-il.  Car cette moto n’était pas qu’un engin à deux roues. Elle était son moteur économique, son outil de travail également. En une nuit, les flammes ont dévoré ses biens et les voleurs ont achevé ce que l’incendie avait commencé.

Comme pour dire que le feu a semé la désolation, mais il a aussi révélé une autre braise plus inquiétante, celle de l’opportunisme criminel.

Le jeune commerçant regarde désormais l’horizon avec des yeux rougis par la fumée et par les larmes contenues. « Je m’en remets à Dieu », répète-t-il.

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