08 Mars, Journée internationale des droits de la femme : Zoom sur Fatoumata Sangaré, l’amazone de la transformation du poisson
Madame Fatoumata Sangaré vient du cercle de Youwarou dans la région de Mopti. Membre de plusieurs associations, elle consacre ses efforts à transformer le poisson. Formatrice dans la transformation du poisson, la patronne d’Agro Mali est une amazone qui parcourt la région, voire le pays pour partager ses connaissances.
En marge du festival Ogobagna, la rubrique Femme de Mali24 a donné la parole à Mme Fatoumata Sangaré. Zoom sur cette amazone de la transformation du poisson à l’occasion de la commémoration du 08 Mars, Journée internationale de la Femme.
Elle aurait dû croiser ses bras après avoir quittée l’école fondamentale au niveau de la quatrième année. Mais Fatoumata Sangaré est de cette race de femmes maliennes qui aiment se battre. Très tôt, elle s’initie à la restauration à côté de sa mère et sa grand-mère, toutes d’ excellentes cuisinières qui préparaient pour des clients européens. A 12 ans, elle vendait des salades et des brochettes. « Je peux dire que j’ai hérité de cette passion pour la cuisine », nous confie Madame Fatoumata Sangaré.
Avec la crise qui secoue le Mali, elle s’oriente vers la transformation agro-alimentaire notamment celle du poisson. Youwarou est situé dans la zone inondée de la région de Mopti avec une abondance de poisson. « Je fais sécher les poissons, les mets au four et les revends. Je les transforme également en bouillon et en épices », explique-t-elle.
Porteuse d’une grande ambition, Fatoumata Sangaré étend son champ d’action aux plantes pour créer des infusions, comme la menthe, la citronnelle et d’autres herbes. « Je vends de nombreux produits directement consommables, tels que le couscous, le maïs et les huiles de poisson. Je me concentre exclusivement sur l’alimentation ».
Aujourd’hui, elle est devenue une grande formatrice dans le domaine de la transformation agro-alimentaire qui parcourt le pays pour partager ses connaissances avec d’autres personnes. « Dans notre village, c’est moi qui forme les femmes et les enfants à la transformation agro-alimentaire. Je me déplace partout où l’on m’appelle pour donner des formations ». Juste après le festival Ogobagna, elle s’est rendue à Koulikoro pour former 30 jeunes à la transformation agro-alimentaire en particulier sur le poisson.
Au sein de son entreprise, elle travaille actuellement avec 15 femmes et 5 hommes. Au sein de l’association, elle collabore avec plus de 100 femmes.
Elle se réjouit de l’appui de nombreux partenaires comme la Coopération Suisse, l’ONG CARE MALI, Amassa, Sugu Yiriwa et l’Afrique Verte. « Nous avons beaucoup d’enfants qui sont au chômage. Nous avons besoin des partenaires qui peuvent encourager ses enfants ». Et de poursuivre : « J’ai une association qui s’appelle Yéredemè-Ton. J’ai également des groupements de femmes et de jeunes garçons, avec qui nous organisons des tontines pour aider chacun à réaliser son commerce.
Au sein de mon association, il y a 50 femmes et 10 garçons. Nous envisageons de faire de cette association une union. De plus, dans notre cercle, plus de 30 associations se tournent vers moi pour que nous travaillions ensemble. J’ai tous leurs récépissés et nous souhaitons collaborer pour réaliser de nombreux projets, car il y a beaucoup à faire dans notre cercle. Cependant, le manque de moyens et de partenaires nous freine ».
Elle bénéficie du soutien de sa famille. « Ma famille m’aide beaucoup, car je travaille avec mes enfants et mes nièces. Je paye tous les jeunes qui travaillent avec moi. Mon mari aussi a compris mes activités ».
Mme Fatoumata Sangaré lance un appel aux autorités maliennes qu’elles pensent aux habitants du cercle de Youwarou notamment à chercher des moyens pour aider les femmes et nos enfants.
Kada Tandina, Korotoume Doumbia
Mali24.info
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