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Drame à Gombala ( région de Koulikoro): un conflit autour d’une vache vire au meurtre

Le village de Gombala, situé à environ 7 kilomètres de Koulikoro, est aujourd’hui sous le choc après un drame sanglant qui trouve son origine dans un conflit de chefferie… et une simple vache.

Tout commence lorsqu’un donateur du nom de M. Sady Kouma offre une vache à la chefferie officiellement reconnue par l’administration, dirigée par Néné Diarra. Mais dans ce village profondément divisé, une autre faction conteste cette autorité et a mis en place sa propre chefferie, avec chef, conseillers et imam, sans reconnaissance administrative.

Malgré les injonctions des autorités de Koulikoro leur demandant de retirer leur drapeau et de se conformer à l’ordre établi, cette faction dissidente a toujours refusé de répondre aux convocations. La tension était donc déjà vive entre les deux camps.

Une vache au cœur de la discorde !

Le don de la vache va cristalliser les tensions. Refusant que l’animal revienne à la chefferie reconnue, le camp dissident s’en empare et l’emmène. Alertée, la gendarmerie intervient et donne des instructions claires : ne pas abattre la vache.

Mieux encore, le donateur, Sady Kouma, propose une solution d’apaisement : récupérer la vache litigieuse et offrir une autre bête au second camp. Une proposition rejetée. En défi ouvert à l’autorité, la vache est finalement égorgée et partagée.

Face à cet acte, perçu comme un refus d’obtempérer, la gendarmerie interpelle et place en garde à vue Aliou Diarra dit « Alioudjan », ainsi que Issa Diarra.

Avant même le retour des représentants de la chefferie officielle au village, les menaces deviennent explicites. Le fils d’Alioudjan aurait juré que si son père restait en détention, des morts seraient enregistrés à Gombala.

Les faits vont tragiquement lui donner raison. Bah Diarra, premier conseiller du village et proche de la chefferie reconnue, est pris à partie sur la route par Souleymane Diarra, frère d’Alioudjan, qui le menace de mort. Malgré l’agression, Bah Diarra choisit de ne pas réagir, invoquant les liens familiaux.

Mais quelques heures plus tard, le mercredi, le drame se noue. Alors qu’il se repose chez lui après son retour, Bah Diarra est violemment attaqué par Massa Diarra, fils d’Alioudjan. L’agresseur lui assène trois coups de couteau, s’en prend également à son épouse, avant de prendre la fuite.

Grièvement blessé, Bah Diarra est d’abord évacué vers l’hôpital de Koulikoro, puis transféré d’urgence vers le Hôpital Gabriel Touré. Il succombe malheureusement à ses blessures aux environs de 2 heures du matin, avant même de recevoir les soins nécessaires.

Le lendemain, jour de la fête de Ramadan, un climat de terreur s’installe à Gombala. À l’arrivée des gendarmes, la plupart des hommes ont déserté le village, se réfugiant dans les collines ou dans des lieux inconnus. Fait rarissime : aucune prière collective n’a pu être organisée.

Les funérailles de Bah Diarra, organisées le vendredi dernier ont rassemblé une foule venue de plusieurs localités. Tous saluent la mémoire d’un homme engagé pour le développement de Gombala.

Mais derrière l’émotion, les fractures restent béantes. Le village vit désormais avec deux chefferies : l’une reconnue par l’administration, l’autre dirigée par Noumouké Diarra, non reconnue officiellement, malgré ses liens familiaux avec Néné Diarra. L’histoire retiendra qu’à Gombala, une simple vache aura suffi à déclencher une tragédie humaine.

Une enquête est en cours…

Nous y reviendrons

Massassi

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