Commémoration de la Journée des martyrs de mars 1991 : Des experts ont animé un colloque à la Pyramide du Souvenir
A l’occasion du 35è anniversaire de l’avènement de la démocratie et du multipartisme intégral au Mali, des intellectuels ont planché au cours d’un colloque, sur la thématique : « Sécurité humaine et recomposition socio-technologique au Mali : dynamiques, gouvernance et résilience face à la crise post-2012 ». C’était le jeudi 26 mars dernier à la Pyramide du Souvenir de Bamako.
Sous la présidence du ministre de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, Mamou Daffé, les travaux ont démarré après l’hymne national du Mali entonné en bamanankan par les pionniers.
Au présidium de cette cérémonie, on pouvait noter la présence d’invités de premier plan : le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Bouréima Kansaye, celui des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Abdoulaye Diop, celui de la Communication de l’Economie numérique et de la Modernisation de l’Administration, Alhamdou Ag Ilyène. Il y avait aussi la ministre de la Promotion de la Femme de l’Enfant et de la Famille Diarra Djénéba Sanogo et celle en charge de l’Environnement, de l’Assainissement et du Développement durable, Doumbia Mariam Tangara.
Pas d’indépendance viable sans renaissance culturelle
A écouter le patron du département de l’Artisanat et de la Culture, de l’Industrie hôtelière, Mamou Daffé, la nation malienne se souvient de ceux qui ont donné leur vie pour la dignité et d’autres, notamment les porteurs d’uniforme, ayant payé de leur vie pour la sauvegarde de l’intégrité territoriale. Toujours selon lui, le 26 mars reste un héritage précieux qui nous oblige à agir pour renforcer notre souveraineté. Il a ensuite fait allusion à la thématique du colloque, qui nous exhorte à nous réinventer, en investissant dans le capital humain. Pour corroborer ses dires, il a paraphrasé le premier président du Mali Modibo Keïta : « Pas d’indépendance viable sans renaissance culturelle ». Ce colloque avait pour objectif de ‘’ mieux comprendre les transformations profondes que connaît notre société, à interroger nos modes de gouvernance, et à renforcer notre capacité collective de résilience face aux crises ‘’.
Au total cinq communications ont été présentées par les enseignants – chercheurs.
La guerre informationnelle tue plus que les armes
Pour la panéliste, Pr Sogoba Jacqueline Konaté, Directrice générale du Centre d’Intelligence Artificielle et de Robotique (CIAR-Mali),’’ l’intelligence artificielle (IA) joue un rôle crucial dans la prévention et la gestion face aux défis sécuritaires. L’IA vise l’autonomisation des machines, donne à celles-ci la capacité de raisonner et d’agir à l’image de l’homme’’.
A ses dires, la robotique est une application de l’IA. Pour la petite histoire, le nom ‘’robot’’ tire son origine du substantif russe, « rabota » qui signifie travail. C’est Isac Asimov, citoyen américain d’origine russe, qui fabriqua le premier robot.
Selon les panélistes Pr Tidiani Sylla et Dr Ousmane Konaté, ‘’la désinformation, les cybers attaques sont monnaie courante dans le contexte malien, les innovations technologiques peuvent contribuer à la résolution de la crise sécuritaire. De nos jours, les réseaux sociaux sont utilisés par les groupes terroristes. Force est de constater que la guerre informationnelle tue plus que les armes, selon les deux panélistes. Lesdits réseaux présentent des opportunités, informations via les plateformes, Facebook, Télégramme, X, Google etc. Ce sont aussi des instruments de recrutement des jeunes, ils polarisent les conflits communautaires’’.
Parlant de la thématique, le président du Comité scientifique, Pr Famagan Oulé Konaté a indiqué que ‘’l’insécurité dans certaines régions a permis l’émergence des formes de gouvernance hybride, réunissant autorité publique et groupes non étatiques. Quoique ces arrangements répondent à des besoins locaux, ils posent des défis de légitimité, de coordination et de durabilité’’.
Selon ses explications, ‘’une stabilité durable du Mali exige une approche intégrée, combinant innovation technologique, gouvernance inclusive et prise en compte des vulnérabilités locales climatiques et sociales’’.
Le Pr Bouréima Fofana, dans sa communication ‘’a décrypté la sécurité humaine, tout en parlant des interactions, de la fragilité étatique, de l’émergence d’autres acteurs non étatiques. La crise s’est soldée par la multiplication des groupes armés. L’approche militaire seule est loin d’être une panacée’’.
Par Mohamed Koné
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