Géopolitique du Pouvoir : La dialectique du sabre : de l’ivresse du putsch à l’angoisse de la chute : Analyse de la paranoïa du pouvoir et de la mécanique des trahisons en Afrique de l’Ouest
Le pouvoir, lorsqu’il naît dans le fracas des chenilles et le crépitement des fusils d’assaut, porte en lui les gènes de sa propre destruction. Pour ceux qui s’en emparent par la force, l’État n’est plus un contrat social, mais une forteresse à tenir. Dans cette configuration, le fauteuil présidentiel devient à la fois un trône et un échafaud. L’ivresse de la conquête laisse place, presque instantanément, à une angoisse métaphysique : celle du « coup d’après ». Car celui qui a trahi pour régner sait mieux que quiconque que la loyauté est une monnaie de singe dans les palais de marbre.
L’ombre d’ouroboros: le putsch comme cycle sans fin
Il existe une tragédie grecque dans le destin des juntes militaires. Le « comité » ou le « conseil » qui prend le pouvoir se présente toujours comme un rempart contre la corruption ou l’incompétence. Pourtant, une fois le rideau tombé sur le régime précédent, l’unité de façade se fissure. La peur de perdre le pouvoir ou plus exactement, la peur de ce qu’il advient de ceux qui le perdent transforme les frères d’armes en ennemis intimes.
C’est ici que s’installe la « logique de l’élimination ». Pour le chef putschiste, le danger ne vient plus de l’opposition civile, souvent muselée, mais de ceux qui étaient dans la pièce lors de la planification du coup. Ils connaissent les faiblesses, les méthodes et les réseaux. Ils sont, par nature, les successeurs logiques. Dès lors, le dictateur entre dans une spirale paranoïaque où chaque soupçon justifie une purge, et chaque purge alimente un nouveau complot.
«Dans l’arène du putsch, le silence des alliés est souvent plus assourdissant que le bruit des canons. »
LE CHALLENGER
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